De compromis en compromissions

Au nom de l’Europe, la social-démocratie s’est pliée à toutes sortes d’arrangements avec la droite. Jusqu’à en perdre sa raison d’être.

Michel Soudais  • 27 février 2019 abonné·es
De compromis en compromissions
© photo : Les commissaires Pierre Moscovici (à g.) et Margrethe Vestager (à d.) avec Frans Timmermans, candidat du PSE à la présidence de la Commission.crédit : Aris Oikonomou/AFP

La social-démocratie européenne est sur un toboggan. Depuis près de deux décennies, la dégringolade de ce courant politique majeur n’épargne quasiment aucun pays du continent. En 1998, treize États membres sur quinze avaient un gouvernement à direction ou à participation socialiste ou sociale-démocrate. Aujourd’hui, ces formations ne sont plus associées aux commandes que dans trois États membres (Portugal, Espagne, Suède) sur vingt-huit. La crise que connaît, en France, le Parti socialiste, tombé à moins de 7 % à l’élection présidentielle de 2017, n’a rien d’une exception. La chute dramatique du Pasok grec est dans tous les esprits. Sur la même période, le SPD allemand, pourtant le plus ancien parti socialiste du monde, a vu son électorat divisé par deux. Et aux Pays-Bas, l’effondrement du Parti travailliste (PvdA), dont est issu Frans Timmermans, le candidat du Parti socialiste européen (PSE) à la présidence de la Commission, est spectaculaire : après avoir participé à de nombreux gouvernements depuis 1945, le PvdA ne

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