Derrière le paravent du grand débat…

Alors que les médias sont focalisés sur les prestations du président de la République et de ses ministres dans les réunions publiques, le travail de sape des services publics continue.

Le « grand débat » voulu par Emmanuel Macron ne serait-il qu’une diversion ? Un mois après son lancement, les partis d’opposition accusent de concert le président de la République de mener « une campagne électorale déguisée » à l’approche des élections européennes. La multiplication des réunions publiques présente pour l’exécutif un autre avantage. Pendant que les chaînes d’info et les JT braquent les projecteurs sur les prestations du chef de l’État et de ses ministres face à des publics plus ou moins choisis, suscitant moult commentaires émerveillés sur l’image de ce jeune Président qui ne craint pas de tomber la veste, le gouvernement poursuit son œuvre transformatrice à marche forcée, dans une relative indifférence médiatique.

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Le grand débat était censé répondre au sentiment d’abandon exprimé par le mouvement des gilets jaunes ? Les fermetures de services publics ne marquent aucune pause. En visite à Bernay (Eure) le 18 février, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a confirmé l’arrêt de la maternité de cette ville de 10 400 habitants ; les accouchements auront lieu à Lisieux ou à Évreux, respectivement à 30 et 50 minutes de Bernay. Le 14 février, Emmanuel Macron, interpellé par la maire PS du Blanc (Indre), avait tout aussi catégoriquement refusé la réouverture de la maternité de cette commune. « On ne répliquera pas ce qu’il y avait avant », lui a-t-il lancé. Un refus qui n’est pas sans rappeler celui de revenir sur la suppression de l’ISF.

Pour ces deux sites, l’exécutif nie agir pour des raisons économiques ; il invoque un nombre d’actes insuffisant et une « fragilité » des gardes. Ce n’est pas le cas de la maternité de Creil (Oise), transférée le 28 janvier à Senlis, à 12 kilomètres, en dépit d’une forte mobilisation des élus locaux, du personnel et des usagers, qui n’a pas manqué de souligner que le bassin de Creil (85 000 habitants) abrite cinq « quartiers prioritaires » et une population qui à 40 % n’est pas véhiculée. Or c’est la première fois qu’une maternité de niveau 3 (équipée d’un service de réanimation néonatale) réalisant plus de 1 500 accouchements par an est fermée.

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