Fonction publique : « Ils vont y aller à la hache »

Le gouvernement n’a pas infléchi son projet de réforme du management dans la fonction publique, qui prépare le terrain à une grande cure d’amaigrissement des services publics.

Derniers ajustements, avant les grands travaux. Les règles de management pour les 5,7 millions de fonctionnaires vont être profondément revues, par l’intermédiaire du projet de loi de « transformation de la fonction publique » présenté le 13 février par le gouvernement. Le texte reprend les grandes lignes des ordonnances travail, qui ont remodelé en 2017 le code du travail dans le secteur privé : « flexibilité », « agilité du dialogue social » et « vélocité » dans le changement de modèle.

À lire aussi >> Derrière le paravent du grand débat…

Cela passe par un affaiblissement des syndicats, avec la fusion des instances représentatives des agents (CT et CHSCT) au sein d’un « comité social d’administration » (CSA). Les représentants du personnel n’auront plus leur mot à dire au préalable sur les projets de mutation, de mobilité ou de réorganisation, comme c’est actuellement le cas. Pour donner plus de « leviers » aux managers, administration par administration, le gouvernement s’autorise également à réécrire, par ordonnances, les règles des négociations à l’échelle locale, et à faire en sorte que ces accords priment sur les règles nationales. Ce dynamitage du jeu syndical vise à préparer une profonde réforme de la fonction publique, qui conduira de gré ou de force au reclassement de dizaines de milliers de fonctionnaires dont la mission sera supprimée ou externalisée.

Les agents sont invités à bouger, moyennant une prime de déménagement, dont le plafond actuel de 15 000 euros devrait doubler, selon une source ministérielle. Ils devront se montrer mobiles également d’un ministère à l’autre, en passant au besoin par un congé de formation d’un an sans perte de salaire. Et ceux qui seront contraints de quitter les ministères riches (comme l’Économie et les Finances) vers des administrations où les salaires sont plus bas garderont leur salaire pendant six ans. Tous, en tout cas, auront la porte de sortie grande ouverte, avec un chèque de départ dont un décret devra fixer le montant et un dispositif de « rupture conventionnelle » identique au privé. Fini, donc, le non-remplacement « aveugle » des départs à la retraite qui a désorganisé la fonction publique, déjà à l’os, depuis la RGPP lancée par Nicolas Sarkozy. L’heure est aux coupes sèches de services, pour atteindre l’objectif considérable de 120 000 postes de fonctionnaires en moins à la fin du quinquennat. « 2019 est la dernière année “classique”, où ils suppriment des emplois un peu partout. À partir de 2020, ils vont y aller à la hache, prévient Vincent Drezet, de Solidaires Finances. Avec des missions et des pans entiers de l’administration sacrifiés. »

Il reste 67% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Je choisis un pack
Achetez un pack de crédits
pour accéder à cet article.
Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 8€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Articles récents