Enseigner l’urgence, un devoir de profs

Les enseignants dénoncent des programmes indigents quand la maison brûle et que l’anxiété gagne leurs élèves.

Pourquoi les adultes n’agissent pas ? C’est la question brûlante que posaient collégiens, lycéens et étudiants en grève pour le climat le 22 février. Quelles observations, quelles lectures, quels documents sont à l’origine de leur prise de conscience, au point de descendre dans les rues ? Mais aussi quels aînés ? Les jeunes n’étaient pas seuls dans le cortège : marchaient aussi des associations, des syndicats, des parents, des profs. Comme ceux du collectif Enseignants pour la planète, né via un appel lancé fin janvier (1) et qui se rencontraient, physiquement, pour la première fois. « Notre rôle est aussi d’accompagner les jeunes grévistes, de leur montrer que nous sommes là », témoigne Marianne Blanchard, sociologue à l’université de Toulouse, formatrice SES en Espé (école supérieure du professorat et de l’éducation). « Les élèves ne peuvent pas faire grève en théorie, mais si nous, enseignants, sommes grévistes… », suggère Bruno Goube, directeur d’école maternelle dans l’Isère.

Tous deux ont eu un déclic en mesurant la discordance entre leur prise de conscience et leurs pratiques professionnelles. « Dans mon Espé, je n’arrive même pas à imposer le tri des déchets, alors se mobiliser sur le climat… », ironise Marianne Blanchard. Elle voudrait « dépasser les petits gestes » et faire en sorte que les profs de SVT (sciences de la vie et de la terre) ne soient pas seuls à se sentir concernés, mais aussi ceux d’histoire-géo, de philo, de sciences économiques et sociales, de physique… « Les enseignants ne transmettent pas que des connaissances, mais aussi des outils pour comprendre le monde. » Or, les nouveaux programmes de lycée rognent sur l’interdisciplinarité et sont indigents sur les questions environnementales. C’est ce qui a poussé Justine Renard, enseignante stagiaire en SVT en lycée à Grenoble, à signer l’appel des Enseignants pour la planète. « L’urgence écologique n’est plus à démontrer. Elle est à enseigner », explique le collectif, qui dénonce : « Nous avons accepté trop longtemps d’enseigner le “développement durable”, entretenant chez les élèves l’illusion que la situation était sous contrôle… »

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