ESS : une bataille politique

Défendre l’ESS est aussi urgent que de se mobiliser pour la Sécu et les services publics. Car ce que nous vivons n’est pas une « crise », mais l’affirmation d’un nouvel ordre économique inégalitaire.

L’ESS, comme l’ensemble des initiatives démocratiques, sociales et solidaires, est menacée par la vague libérale. Les gouvernements, en France comme en Belgique, ont beau revendiquer des systèmes sociaux arrachés par le mouvement ouvrier et institués au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, ils les démantèlent pièce par pièce. Il est urgent de considérer la dimension politique qu’il y a à défendre l’ESS comme la Sécu et les services publics.

Pour justifier leurs politiques, les libéraux manipulent à l’envi le mot « crise ». Osons l’affirmer, comme le fait dans son intitulé une fondation dont j’ai l’honneur d’être le président : « Ceci n’est pas une crise ! » C’est l’affirmation d’un nouvel ordre économique inégalitaire, donnant le primat au financier, au court-termisme et à la surexploitation des ressources naturelles, au risque d’une catastrophe écologique. Qui plus est, ce nouvel ordre, contrairement à l’ancien, n’accorde pas une place prédominante aux formes traditionnelles de la démocratie. On le voit dans l’Est européen avec l’hyper-libéralisme « illibéral » d’un Viktor Orban, on le voit sous d’autres formes en Italie, en Autriche ou en Pologne.

Qu’ils le veuillent ou non, les militants et les dirigeants de l’économie sociale et solidaire, s’ils entendent être fidèles aux fondements démocratiques et sociaux de l’ESS et à la cause environnementale qu’ils ont ralliée, doivent s’engager dans une lutte politique radicale en convergence avec l’ensemble des victimes du système et de ceux qui ont conscience de la catastrophe qui s’annonce.

Alors que la richesse continue de croître, les partisans du libéralisme scandent qu’il n’y a pas d’alternative aux politiques d’austérité. Selon eux, l’argent de la collectivité alloué aux services publics (pourtant profitables à l’ensemble des citoyens) devrait être investi dans des marchés « rentables ». Rentables pour qui ? Une classe sociale de plus en plus étroite qui s’enrichit sur le dos des travailleurs et, au-delà, des classes dites moyennes. Si je mets l’accent ici sur la situation de ces derniers, c’est que, à l’exception des œuvres philanthropiques et religieuses, nos structures de l’ESS en procèdent. Ce sont nos adhérents, nos militants, nos publics.

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