Fichés, internés, déportés

Le Mémorial de la Shoah revient sur l’enfermement des nomades en France entre 1940 et 1946, à travers photos, dessins et documents officiels.

L es brigades mobiles photo­graphieront et identifieront, chaque fois qu’elles en auront légalement la possibilité, les vagabonds, nomades et romanichels circulant isolément ou voyageant en troupes et enverront au contrôle général, établies selon la méthode anthropométrique, photographies et notices d’identification [ainsi que] les renseignements concernant les malfaiteurs de profession qui ont l’habitude de se déplacer. » Ces lignes sont signées Georges ­Clemenceau, président du Conseil, dans une circulaire d’avril 1908. La charge est sonnée. À l’égard des nomades, ce n’est pas nouveau.

Depuis les années 1880, les discours xénophobes sur l’insécurité des espaces ruraux assimilent les familles itinérantes à des vagabonds asociaux et apatrides, porteurs de maladies, espionnant et pillant les campagnes, rétifs au travail. Les photographes de presse s’en font le relais, renouvelant à l’envi les motifs de l’errance. Petits métiers, familles en roulottes, tentes, campements de fortune, enfants en guenilles regroupés autour de la mère… En 1884, une première loi autorise les élus à s’opposer au stationnement des itinérants sur le territoire de leur commune. Un an plus tard s’établit un dénombrement de tous les « nomades, bohémiens, vagabonds » de l’Hexagone.

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