Génération·s, proche de tous et d’aucun

Le parti de Hamon est nourri d’idées qui traversent toute la gauche. Mais sa stratégie, elle, ne colle ni à LFI, ni à EELV.

Leur logo ? Un « G » blanc sur un fond rayé où se mêlent différent camaïeux de bleu turquoise et de rouge framboise. Ni vraiment vert, ni vraiment rose, tout à la fois écologiste et de gauche, Génération·s, le mouvement de Benoît Hamon lancé en juillet 2017 après son départ du Parti socialiste, reste bien difficile à définir. « Nous sommes humanistes et écologistes », résume Mehdi Ouraoui, l’un de ses porte-parole et ancien membre du bureau national du PS – comme tant d’autres dans le nouveau parti. Bien sûr, il serait injuste de juger une personne sur ses anciennes fréquentations mais, chez Génération·s, l’influence ou le rejet de certains de ses « ex » interroge. Un premier constat, dressé par Benoît Hamon lui-même, c’est que le PS, incapable de se réformer en profondeur, était voué à s’éteindre. « À mon sens il l’a fait trop tôt. Il pensait en 2017 que c’était le moyen de prendre acte du décès du PS et d’essayer d’occuper cet espace », analyse Jean-François Debat, trésorier de campagne à l’époque et désormais en charge du volet programmatique vert des socialistes. « Ce pari est raté mais cela n’empêche pas de partager avec lui une réalité : la gauche doit se repenser, se dépasser et elle ne peut le faire qu’en prenant acte aussi des différences qui existent entre nous », plaide-t-il. Mais quelles sont-elles, ces différences, après tant d’années passées ensemble ? À entendre certains socialistes, il n’y en a pas. « Rien ne justifiait leur départ », tance Julien Dray, amer.

Une rancœur, ensuite, celle de l’austérité imposée durant les cinq ans du quinquennat Hollande. « Les socialistes se couchent face à l’Europe. Hollande promettait de revoir les traités de libre-échange, il les a fait ratifier ! », s’indigne l’ancien frondeur Pascal Cherki. Rallié à Génération·s, il reconnaît qu’Olivier Faure est allé dans la bonne direction, le 28 janvier dernier, en dressant un bilan accablant du quinquennat, mais, pour autant, cela n’efface en rien la « trahison » de cette gauche. « Je n’aime pas le terme trahison, il se réfère à la morale et en politique, il n’y pas de morale », indique – cynique – Julien Dray. Au PS donc, on préfère ne pas exhiber ces désaccords et insister sur les points communs. « Nous sommes d’accord en particulier sur l’importance de placer la transition écologique et solidaire non comme un sujet parmi d’autres, mais au cœur du projet politique », explique Jean-François Debat. Un calcul judicieux. Benoît Hamon n’est-il pas le représentant de la gauche-écolo compatible ? « Il a gagné la primaire sur le sujet de l’écologie, rappelle David Cormand, alors qu’il avait face à lui François de Rugy, ancien d’Europe écologie-Les Verts, et l’ex-eurodéputé Jean-Luc Bennahmias », constate le secrétaire national d’EELV. Alliés pour la présidentielle 2017, les deux partis ont depuis coupé les ponts, et feront chacun cavalier seul aux élections européennes. « Un rendez-vous manqué, selon David Cormand. Après avoir gagné la primaire, il est retourné vers son statut originel : la gauche. »

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