Italie : Syndicats dans la rue, extrême droite dans les urnes

Samedi 9 février, Rome a renoué avec la tradition des grandes manifestations nationales syndicales unitaires.

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Il peut encore y avoir quelques bonnes nouvelles en provenance de l’Italie, pourtant gouvernée depuis plus de six mois par la Ligue du xénophobe Salvini, en instrumentalisant ses alliés du Mouvement Cinq Étoiles (M5S). Samedi 9 février, Rome a renoué avec la tradition des grandes manifestations nationales syndicales unitaires, avec plusieurs centaines de milliers de travailleurs mobilisés contre les « réformes » gouvernementales du système de protection sociale (photo). La dernière mobilisation unitaire d’une telle importance datait de 2013.

Le lendemain, l’élection régionale dans la région des Abruzzes voyait une remontée des forces progressistes. En particulier de listes « citoyennes » soutenues ou organisées par les formations de la gauche de gauche, notamment celles nés des départs successifs de pans entiers de l’aile gauche du Parti démocrate (PD), devenu littéralement infréquentable sous la direction du « Manuel Valls italien », Matteo Renzi. Ayant longtemps gouverné la Région, le PD peine d’ailleurs à obtenir 11 % des suffrages, alors que le candidat sur sa gauche à la présidence de la Région dépasse 31 %. P

our autant, il n’y a pas de quoi se réjouir outre-mesure de la situation politique transalpine. Le grand vainqueur de ce scrutin est bien la Ligue, qui a doublé son score par rapport à l’élection de 2014 (avec plus de 28 %). Et comme le M5S s’est effondré, perdant plus de la moitié de ses suffrages obtenus en 2014, la Ligue semble de plus en plus tentée par une rupture au niveau national de son alliance gouvernementale avec le M5S et un retour devant les électeurs, espérant désormais l’emporter seule. Danger !


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