Judith Davis : « J’avais envie de chemins de traverse »
La réalisatrice Judith Davis aborde des questions fondamentales de notre époque, sans délaisser le burlesque et le romantisme.
dans l’hebdo N° 1539 Acheter ce numéro

Cofondatrice de la compagnie théâtrale L’Avantage du doute, Judith Davis a conçu Tout ce qu’il me reste de la révolution dans le prolongement d’une pièce écrite et jouée avec ses acolytes, que l’on retrouve dans le film. Autant dire que le collectif n’est pas un vain mot pour la réalisatrice.
Que vous reste-t-il de la révolution ?
Judith Davis : Le titre dit : Tout ce qu’il me reste de la révolution : c’est peut-être peu, mais c’est aussi « tout ». C’est l’énergie vitale d’avoir encore envie de se réunir, de répondre à cette nécessité profondément humaine selon laquelle il est impossible de vivre bien si on ne vit pas avec les autres… La nature humaine, si tant est qu’elle existe, n’est pas que compétitive. Nous avons aussi une propension à coopérer, à éprouver de la joie d’être ensemble. Il s’agit de revenir à quelque chose de modeste, un humanisme de base qui peut parfois être jugé en deçà d’un combat, mais peu importe. Mon envie, c’est de mobiliser le maximum de personnes, d’être en dehors des a priori politiques ou idéologiques sur ce que signifie s’engager.
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« Tout ce qu’il me reste de la révolution », c’est la conviction que, si l’on continue d’accepter un système qui fabrique de l’autodestruction, si, dans les entreprises, les cadres, les n+1, n+2, etc., continuent d’appliquer des normes de management