Marie-Do Fréval, du genre imaginatif

Auteure, metteuse en scène et actrice, cette figure des arts de la rue est actuellement en résidence en Belgique pour sa nouvelle création, Paillarde(S).

Veste militaire sur les épaules, moustache finement dessinée et gode-ceinture noir autour de la taille, le personnage de Marie de La Gaule fait sourire, provoque et interroge. C’est l’une des cinq figures de Tentative(S) de Résistance(S), un spectacle joué dans la rue, où l’état de notre société est commenté à travers des personnages loufoques interprétés par une même personne.

Cette œuvre marquante est née de l’esprit bouillonnant de Marie-Do Fréval, comédienne, auteure et metteuse en scène de la grande famille des arts de la rue. Au quotidien, elle porte un simple couvre-chef et arbore un large sourire. Dans son appartement du XIVe arrondissement parisien, « son » ­quartier, elle prend le temps de s’asseoir pour parler de sa vie d’artiste autour d’un café. « Si quelqu’un me suit à la trace, au bout de quinze jours, il est épuisé », s’amuse-t-elle. C’est que, depuis trente ans, elle enchaîne les rencontres et les projets à un rythme effréné, et trace une route singulière. Elle est en train de créer son nouveau spectacle, Paillarde(S), un triptyque sur la virilité.

Au Cameroun, en décembre dernier, elle était invitée par Snake, un artiste qui organisait la deuxième édition du festival Modaperf, entre Douala et Yaoundé, et avait été séduit par la lecture des Tentative(S). Pour Marie-Do Fréval, jouer ce spectacle provoquant, dans ce pays où l’on parle une langue française différente de la sienne et aux codes particuliers, était un vrai défi. « Il y a un contexte dictatorial qui pénètre fort l’intime, la maison, la parole, les vêtements. Dans l’espace public, les gens ne captent pas le second degré, mais prennent tout au premier. » Elle a donc adapté son texte et écrit la dernière « tentative » uniquement pour le Cameroun. Car Tentative(s) de Résistance(s), comme son nom l’indique, est une suite d’actes, à l’origine très fournis. « C’est parti d’un coup de colère. J’ai été programmée dans un festival intitulé “1914-2014, un siècle de résistance”. Lorsqu’on s’est rassemblés pour parler du thème, chacun semblait avoir réglé son problème vis-à-vis de la résistance. Moi, c’était au cœur de ma réflexion artistique, j’avais besoin de l’exprimer. » Elle obtient alors carte blanche, investit le hall d’entrée du théâtre Confluences, dans le XXe arrondissement, et écrit dix-sept tentatives qu’elle joue tous les jours dans un temps limité, avec comme simple mise en scène une potence au cordage rouge accrochée au plafond. « Je voyais la résistance comme quelque chose de limité et jamais résolu, c’était mon principe de dramaturgie », explique Marie-Do. Elle convoque de nombreux principes d’écriture fondés sur l’improvisation et le rapport au corps, comme le cut-up, une écriture construite en direct à partir d’extraits de textes lus.

Il reste 63% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Je choisis un pack
Achetez un pack de crédits
pour accéder à cet article.
Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 8€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Articles récents