« Rencontrer mon père », d'Alassane Diago : un père et passe

Alassane Diago retrouve son géniteur, parti 27 ans plus tôt, et lui demande des explications.

C’est une expédition. Une expédition qu’on pourrait croire dangereuse. Au petit matin, Alassane Diago, documentariste sénégalais, se rend au Gabon avec sa caméra pour retrouver son père, qu’il n’a pas vu depuis l’âge de 6 ans. Auparavant, il a interrogé sa mère sur les raisons du départ, vingt-sept ans plus tôt, de celui-ci, qui n’a plus jamais donné de nouvelles. « C’était la volonté du Tout-Puissant », répond la mère d’Alassane Diago, qui a élevé seule ses deux enfants.

De son père, le cinéaste ignore quasiment tout. Quelques photos de lui au temps de sa jeunesse sont apposées sur un mur de la maison. La volonté du cinéaste d’obtenir des explications est transgressive. Cela ne se fait pas. La rencontre est à risque. La mère du réalisateur pense qu’il peut aussi faire de mauvaises rencontres : elle lui a confié des poudres aux pouvoirs protecteurs.

Une fois en tête-à-tête – avec entre eux la caméra que tient Alassane Diago –, les deux hommes se parlent à fleurets mouchetés. Le fils pose ses questions sans faillir mais avec respect, même si certaines mettent son père en difficulté – comme celle qui conteste le fait que des raisons économiques l’aient empêché de revenir au Sénégal, car il aurait pu avoir recours à la solidarité musulmane : serait-il un « mauvais » musulman ?

Il reste 43% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Je choisis un pack
Achetez un pack de crédits
pour accéder à cet article.
Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 8€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Articles récents