Un entrepreneuriat de la tempérance

Par leur modèle, les sociétés coopératives sont un outil indispensable pour relever les nombreux défis de la transition énergétique.

Nous ne réussirons pas la transition énergétique par la seule addition de gestes individuels, aussi nécessaires soient-ils, ni par des correctifs cosmétiques apportés à quelques orientations des politiques publiques : seul un profond changement de modèle économique et social nous permettra de véritablement relever ce défi. En ce sens, le mouvement de l’économie sociale et solidaire (ESS), et particulièrement le modèle coopératif, a un rôle crucial à jouer, car les principes sur lesquels il repose sont indissociablement liés à la transition énergétique.

Cette transition nécessite d’indispensables préalables : porter une vision de temps long, à l’opposé des réflexes court-termistes ; mobiliser une force démocratique et citoyenne pour transcender les intérêts particuliers, pour résister et agir face à de puissants lobbys ; construire enfin un modèle économique et social dégagé de la seule logique d’une course sans fin au productivisme et à l’augmentation des profits.

Les entreprises de l’ESS s’inscrivent pleinement dans ces nécessités. Elles développent un entrepreneuriat de la tempérance tourné vers la durée ; leur modèle économique est fondé sur la gouvernance démocratique, la volonté de rendre les citoyens acteurs des choix d’orientation ; enfin, c’est un entrepreneuriat caractérisé par la lucrativité limitée, avec des bénéfices dirigés vers le financement de projets d’intérêt collectif.

L’histoire d’Enercoop, seul fournisseur d’électricité 100 % renouvelable et coopératif, est emblématique de ces principes. Créé à l’initiative d’associations environnementales et de structures de l’ESS comme les Amis de la Terre, Greenpeace, Biocoop ou encore la Nef, Enercoop naît lors de l’ouverture à la concurrence du marché de l’électricité en 2005. Comment réagir face à la fin imposée du monopole d’EDF et à la libéralisation du secteur ? Le projet d’Enercoop vise alors à utiliser ce contexte pour promouvoir un autre modèle énergétique : il s’agit de passer d’un système appuyé sur le nucléaire et géré de manière technocratique et centralisée à un modèle fondé sur des énergies renouvelables, décentralisé, et dont les citoyens se réapproprieraient la gouvernance.

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