Antitsiganisme : « On a déjà quitté la Roumanie à cause de ça »

Les agressions subies par les Roms de plusieurs bidonvilles d’Île-de-France ont laissé des traces. Près d’un mois après, les adultes ne travaillent plus et les enfants ne sont pas retournés à l’école.

Oriane Mollaret  • 17 avril 2019 abonné·es
Antitsiganisme : « On a déjà quitté la Roumanie à cause de ça »
© photo : Dans le camion-école de l’association Aide à la scolarisation des enfants tsiganes. crédit : oriane mollaret

Depuis trois semaines, la vie semble avoir déserté le bidonville de Bondy, en Seine-Saint-Denis : aucun enfant ne joue dans les allées, tous restent calfeutrés dans les baraques en tôle et contreplaqué. Trente-six agressions ont été recensées depuis le 16 mars par le collectif Romeurope dans différents bidonvilles roms d’Île-de-France.

À lire aussi >> Agressions anti-Roms : « Les familles vivent dans la terreur que ça se reproduise »

À l’origine de ces agressions, une rumeur abondamment relayée sur les réseaux sociaux : les Roms voleraient des enfants pour vendre leurs organes. Les nuits du 25 au 27 mars ont été les plus violentes, avec des descentes d’hommes armés simultanément dans plusieurs bidonvilles. À Bondy, les habitants ont été prévenus in extremis par le bidonville voisin : ils ont pu s’équiper de bâtons et se barricader à temps, essuyant tout de même menaces, humiliations et coups de feu tirés en l’air. Depuis, beaucoup ont fui la France et ceux qui restent montent la garde, ne sortent plus, ces attaques mettant brutalement un terme aux activités des adultes et aux scolarités à peine entamées.

Voilà plus d’un an et demi qu’Emmanuelle, Clélia et Larissa se rendent deux fois par semaine au bidonville de Bondy à bord de leur camion-école bleu ciel, véritable passerelle vers l’école, en collaboration avec l’Éducation nationale. Elles font partie de l’Aide à la scolarisation des enfants tsiganes (Aset). En temps normal, une dizaine de gamins de 3 à 14 ans grimpent dans le camion quand elles arrivent.

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Temps de lecture : 8 minutes

Pour aller plus loin…

« Le 21 mars, à Nanterre, nous marcherons pour Nahel et contre les violences policières »
La Midinale 20 mars 2026

« Le 21 mars, à Nanterre, nous marcherons pour Nahel et contre les violences policières »

Samedi 21 mars, à 14 h 30, une marche pour Nahel et contre les violences policières se lancera depuis les abords du lycée Joliot-Curie à Nanterre. Après la requalification du meurtre en violences (mais avec le pourvoi en cassation du parquet), Mornia Labssi, militante antiraciste et co-organisatrice de la marche, est l’invitée de « La Midinale ».
Par Pablo Pillaud-Vivien
À Nanterre, dans la cité Pablo Picasso, des habitants montent au front contre leur bailleur
Reportage 13 mars 2026 abonné·es

À Nanterre, dans la cité Pablo Picasso, des habitants montent au front contre leur bailleur

La tour 19 de la célèbre cité, comptant 38 étages et près de 180 logements, est privée de certains de ses ascenseurs depuis plusieurs mois. Une problématique qui s’ajoute à une insalubrité de plus en plus criante. Les habitants se mobilisent contre le bailleur, Nanterre Coop Habitat.
Par Pierre Jequier-Zalc
« La vraie opposition, c’est les puissants contre les précaires, pas les Calaisiens contre les exilés »
Entretien 13 mars 2026

« La vraie opposition, c’est les puissants contre les précaires, pas les Calaisiens contre les exilés »

Face à la maire Natacha Bouchart et à la poussée de l’extrême droite, la liste « Calais à gauche toute » veut rompre avec la politique d’hostilité menée contre les personnes exilées. Juliette Delaplace, figure associative et numéro deux de la liste, détaille comment une municipalité peut résister à la militarisation de la frontière.
Par Pauline Migevant
Familya, l’association pro-Stérin qui menace le Planning familial
Enquête 12 mars 2026 abonné·es

Familya, l’association pro-Stérin qui menace le Planning familial

Avec ses cadres issus de la sphère réactionnaire et ses financements catholiques anti-IVG, dont le Fonds du bien commun du milliardaire d’extrême droite Pierre-Édouard Stérin, Familya profite des caisses exsangues du Planning familial et de la négligence des pouvoirs publics pour asseoir sa vision conservatrice de la famille.
Par Chloé Bergeret