Désobéissance civile : « Des actions non-violentes mais spectaculaires »

Six décennies les séparent, mais Susan George et Léna Lazare se retrouvent sur un diagnostic, celui d’une société climaticide, et sur une réponse : la désobéissance pacifique.

Ingrid Merckx  et  Vanina Delmas  • 17 avril 2019 abonné·es
Désobéissance civile : « Des actions non-violentes mais spectaculaires »
© photo : Léna Lazare, 20 ans, et Susan George, 85 ans, ont livré leurs stratégies pour grappiller quelques victoires déterminantes pour l’avenir de la lutte écologiste.crédit : Vanina Delmas

Elles ne se connaissaient pas mais se sont rapidement tutoyées, tout en dégustant un café noir et des biscuits. Léna Lazare savait que Susan George est présidente d’honneur d’Attac. Susan George s’est étonnée des 20 ans de Léna Lazare. Plus de soixante années les séparent et, pourtant, tant de combats les rassemblent ! Notamment le recours à la désobéissance civile pour s’affirmer dans une société climaticide. Dans l’appartement feutré de Susan George, les échanges ont parfois digressé autour de la physique quantique, la gentrification de Paris ou la menace du capitalisme vert. Mais ces deux militantes aux centaines d’histoires ont livré leur pensée sur le mouvement écologiste qui gonfle et les stratégies à adopter pour grappiller quelques victoires déterminantes pour l’avenir de la lutte écologiste.

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Léna Lazare, vous avez fondé Désobéissance écolo Paris. Quel est ce groupe, pourquoi ce nom ? Susan George, vous avez participé au lancement d’Extinction Rebellion (XR) France en disant que vous étiez prête à aller en prison avec ses membres : cela marque-t-il une volonté accrue de désobéir ?

Léna Lazare : J’ai cofondé Désobéissance écolo Paris il y a plus d’un an car j’avais envie, avec d’autres, de passer à une forme d’action directe : organiser des réunions autour de la désobéissance civile et de l’écologie radicale, puis monter des actions. J’étais présidente de l’association Lupa (Les universitaires planteurs d’alternatives) à la Sorbonne, qui se démenait surtout pour sensibiliser à la consommation durable : créer une Amap, intégrer des plats végétariens à la cantine, utiliser des produits naturels… Nous étions passés au stade supérieur en organisant des conférences sur l’écologie politique et en devenant un groupe de lobbying à la fac. Lequel a quand même obtenu une option végétarienne quotidienne au Crous ! À l’été 2018, on a décidé avec des amis de passer deux semaines de vacances sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. J’y ai rencontré des personnes assez radicales, les éditions Libre, mais aussi des membres d’Alternatiba. Assister aux confrontations entre radicaux et moins radicaux a renforcé mon envie de sortir du symbolique. Ce même été, j’ai suivi une formation à la désobéissance civile proposée par ANV-COP 21. Des personnes étaient en train de créer Extinction Rebellion France, dont certaines se sont jointes à Désobéissance écolo Paris. Désormais, XR France existe et il se pourrait que nous menions des actions

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