Hitler à la une

Les éditions Perrin publient des « entretiens oubliés » qui en apprennent autant sur les journalistes que sur le Führer.

Voilà un ouvrage qui résonne fortement avec l’essai de Michaël Fœssel, Récidive. 1938, dont Olivier Doubre a rendu compte ici même la semaine dernière. Il s’agit d’une série d’entretiens d’Hitler avec des journalistes occidentaux publiés entre 1923 et 1940. On y trouve quelques titres prestigieux comme le New York Times, le Daily Mail ou le Daily Mirror, et côté français, de façon plus attendue, une presse qui allait se commettre avec plus ou moins de zèle dans la collaboration. Mais, quel que soit le destin de ces journaux, l’intérêt réside dans l’habileté manipulatrice d’Hitler et sa capacité à adapter son discours à ses interlocuteurs. Et là où il aurait fallu de la vigilance et de la rigueur pour dénoncer l’énormité du mensonge, il n’y a qu’aveuglement et complicité. Et parfois fascination, comme lorsqu’un journaliste de L’Illustration brosse le portrait de son hôte aux yeux « d’un bleu tendre […], un bleu innocent que seuls possèdent les tout-petits ». Et, nous dit-on, l’interviewer n’était pas connu pour ses sympathies nazies…

Aux journalistes américains ou britanniques, Hitler sert surtout le plaidoyer pro domo d’un homme uniquement soucieux de sortir l’Allemagne de la crise et de donner du travail aux chômeurs. C’est « Germany first », si l’on voulait parodier un slogan célèbre qui nous vient aujourd’hui d’outre-Atlantique.

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