La voix du plaisir

Entourée d’Éric Perez et de Pierre Tereygeol, Leïla Martial délivre un irrésistible « chant chaud » aux influences innombrables.

Quand on l’interroge sur son parcours, Leïla Martial pèse ses mots : « La joie, la voix. » Des mots perlés qui sonnent déjà comme l’« Amuse-bouche » de Warm Canto. Comme une invitation discrète à sonder en douceur une arborescence intime en constante feuillaison.

Puissance et fragilité s’accommodent étonnamment dans les propos et dans le chant de Leïla Martial, doublés d’un désir inaltérable et de cette clairvoyance qui rend nécessairement modeste. Si elle évoque la joie comme « priorité spontanée » irrémédiablement associée à l’exercice de la voix et à son apprentissage, elle le fait sans aucune naïveté. C’est une explication franche de son rapport « ludique » au travail, par ailleurs source d’inconfort et d’incompréhension. « Ç’a été difficile pour moi de comprendre la notion de travail. La voix, c’est un terrain d’amusement : explorer mon organe, explorer tout un muscle. Et si ça ne m’amuse pas, j’ai le plus grand mal à avancer. Or travailler, pour la plupart des gens, n’est pas synonyme de plaisir. Je me suis beaucoup flagellée car je ne me sentais vraiment pas travailleuse. Et j’ai mis beaucoup de temps à assumer ma façon de faire, à la trouver légitime, à reconnaître mes qualités même si personne ne les a nommées avant. »

Le poids des mots, leur autorité naturelle, il a fallu bien des années de recherche intensive, bien des rencontres et des revers, beaucoup de conviction aussi, pour que cet électron s’en défasse et décroche la liberté ostensible qui le caractérise intimement.

Déterminée, Leïla Martial l’est depuis le plus jeune âge. À 10 ans, elle quitte l’Ariège natal pour rejoindre les Ateliers d’initiation à la musique de jazz du collège de Marciac (initiés en 1992), dans le Gers. Le piano est alors son instrument, mais le chant ne la quitte pas un instant. Le chant et l’improvisation. « La voix, c’est quelque chose qui est avec moi, que je trimballe, qui n’est pas réservé à un moment, à une salle », insiste-t-elle.

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