Le Pen entre en guerre contre « la pollution éolienne »

En campagne pour les européennes, la présidente du Rassemblement national a trouvé un nouveau cheval de bataille pour brasser du vent.

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Marine Le Pen, la nouvelle écologiste qui soutient l’énergie nucléaire en France, vient de partir officiellement en guerre contre la construction de nouvelles éoliennes. La présidente du Rassemblement national a donné le coup d'envoi de la campagne de son mouvement « contre la pollution éolienne » lors d’une conférence de presse organisée le 6 avril en Bretagne. Pour ce faire, elle a repris à son compte celle menée depuis une quinzaine d’année par l’association Vent de colère qui répand des mensonges sur l’éolien par le biais d’une partie de ses groupes locaux qui sont « pour » les éoliennes à condition qu’elles ne soient pas installées près de chez eux. Cette fédération d’anti-éoliens est soutenue par la Société française d’énergie nucléaire créée en 1975, au moment où les centrales nucléaires ont commencé à être construites en grand nombre et donc à être contestées. Dans sa déclaration, la chef de file de l'extrême droite fait explicitement référence à un communiqué de Vent de colère. Cela explique que l’on retrouve dans son discours, la plupart des arguments que cette association martèle depuis des années, et distille dans les journaux locaux et nationaux qui les reproduisent sans les contester ni indiquer les sympathies idéologiques et politiques de l'association.

Noyautage de l'extrême droite

Ces groupes anti-éoliens sont noyautés, à plein temps ou à mi temps, par des membres ou sympathisants de l’ex-Front national alliés aux bourgeois et aux aristocrates, dont la première, sinon unique, inquiétude est que les éoliennes entraînent une baisse de la valeur des propriétés et des espaces qui les entourent. C’est d’ailleurs l’un des arguments repris par Marine Le Pen. Dans un autre argument, elle et sa tête de liste aux élections européennes prétendent que les subventions reçues par les constructeurs d'éoliennes se monteraient depuis vingt ans à une dizaine de milliards d’euros. Ce qui est faux puisque Marine Le Pen confond les coûts de construction, supportés par les constructeurs, qui ne sont pas payés par l’Etat. Une autre de ses fausses affirmations soutient que ces subventions supposées sont prélevées sur la produit de la taxe sur les carburants.

Cette affirmation la conduit à expliquer que ces éoliennes nuisent à l’agriculture. Autre mensonge car il suffit de parcourir les campagnes françaises, espagnoles et allemandes pour constater que les champs éoliens sont toujours ouverts à la culture et aux élevages. D’ailleurs, les agriculteurs et les maires sont de plus en plus nombreux à réclamer ces installations qui leur apportent des contributions financières de plus en plus nécessaires.

Preuve, s’il en fallait encore une, que la présidente dit n’importe quoi : elle explique que l’éolien est inefficace contre les émissions de gaz à effet de serre. Mais, pour l’instant elle reste muette à propos des installations solaires voltaïques contre lesquels Vent de Colère est également partie en guerre.


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