Marina Mesure : « Détachée » en politique

Après avoir cherché à comprendre le système, Marina Mesure, en bonne place sur la liste de LFI, a résolu de le combattre.

Son CV a de quoi faire pâlir d’envie les serviteurs les plus zélés du libéralisme : issue d’une classe préparatoire, passée par une école de commerce international, ancienne salariée des Nations unies, spécialiste des travailleurs détachés pour les plus grandes centrales syndicales… Depuis le 8 décembre, Marina Mesure, 29 ans, occupe la septième place (éligible) sur la liste de La France insoumise (LFI) pour les élections européennes. Un choix qui s’explique par son histoire, empreinte de chocs et d’engagements.

Issue d’une famille d’employés dans la banque, Marina Mesure a grandi à Gréasque, un village des Bouches-du-Rhône de 4 000 habitants. Petite-fille d’ouvriers syndiqués à la CGT, elle attrape très vite le virus et écume les mobilisations syndicales dès l’enfance. En 2006, alors lycéenne, elle prend part, comme beaucoup de jeunes de sa génération, au mouvement contre le CPE. « C’était une période assez propice aux mobilisations, j’ai simplement suivi le mouvement », confesse-t-elle cependant.

Assez rapidement, l’envie de comprendre « où est le pouvoir, comment fonctionne le monde dans lequel on vit aujourd’hui » la tenaille et, en 2008, elle intègre HEC Montréal. Elle en garde un souvenir mitigé. Un premier choc. Elle qui a vu la crise des subprimes depuis le continent américain se fond mal dans la mentalité des écoles de commerce. « En cours de finance, on m’enseignait qu’un plan de licenciement de 250 personnes pouvait faire grimper l’action d’une entreprise », se souvient-elle, déplorant que « des vies humaines soient résumées à des montages financiers »

Au Mexique, dans le cadre d’un échange semestriel, elle étudie dans la ville de Querétaro, au nord de Mexico : « Là-bas, on voit la pauvreté, les enfants dans les rues, les favelas, l’absence d’eau courante, alors qu’en face quelques propriétaires jouissent de lacs artificiels et ont un accès illimité à l’eau. » Ce paradoxe entre grande richesse et extrême pauvreté la marque. Second choc. D’autant qu’entre les cours de français qu’elle dispense dans les écoles publiques elle suit un programme développé à Harvard, visant à faire vivre, durant un semestre, une entreprise fictive. « Nous avions un logiciel de simulation qui nous permettait de gérer notre multinationale en tenant compte des variables économiques, budgétaires, sociales… » détaille Marina Mesure. Au terme du semestre, elle échoue dans cette matière : son « entreprise » n’a généré aucun bénéfice. Et pour cause : elle n’a délocalisé aucune usine, n’a licencié aucun salarié et n’a pas baissé leurs salaires.

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