Journalistes, rangez vos papiers !

Depuis le début du mouvement des gilets jaunes, la liberté d’informer et d’être informé est largement entravée.

Si l’arsenal répressif s’est amplement renforcé ces six derniers mois à l’encontre des manifestants, c’est aussi la liberté d’informer qui dérouille. Les exemples ne manquent pas. Depuis le début du mouvement, 79 journalistes « ont été victimes de violences policières, relève l’écrivain et journaliste David Dufresne, recensant toutes ces violences sur son compte Twitter. La nouvelle loi anticasseurs renforce encore l’arbitraire et met un peu plus en danger la liberté de la presse ». Selon un communiqué du syndicat SNJ-CGT, « des dizaines de consœurs et confrères ont été empêchés de travailler, injuriés, agressés, matériels saisis et détruits, cartes de presse subtilisées. Des journalistes ont été visés délibérément par les forces de l’ordre et blessés ». C’était encore le cas à Toulouse, lors de l’acte 23 des gilets jaunes, samedi 20 avril, tandis qu’à Paris la garde à vue du journaliste et vidéaste indépendant Gaspard Glanz et les conditions iniques de son interpellation ont mobilisé les rédactions.

Une obsession reine : empêcher partout les journalistes d’exercer leur métier. Plusieurs dizaines de journalistes ont porté plainte après avoir été victimes de coups, de gaz lacrymogènes ou de grenades de désencerclement. Trois cents médias et journalistes de terrain ont publié, le 1er mai, une tribune sur le site de France Info pour protester contre « les multiples violences d’État » dont ils estiment faire l’objet. Et pourtant : en février, les députés européens votaient une résolution (à 438 voix pour, 78 contre et 87 abstentions) réprouvant « le recours à des interventions violentes et disproportionnées de la part des autorités publiques lors de protestations et de manifestations pacifiques ». Une résolution qui « prend acte du rôle important des journalistes et des photojournalistes dans le signalement des cas de violence excessive et condamne toutes les situations dans lesquelles ils ont été délibérément pris pour cibles ».

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