La gauche a le vert en poupe

Les écologistes ont obtenu un résultat « historique » aux élections du 26 mai en Europe. Mais la vague brune et la lourde défaite de la gauche en général gâchent un peu la fête.

Un petit pas pour les écologistes, un grand pas pour l’écologie politique ? Le 26 mai, l’Union européenne a vu déferler une petite vague verte sur ses États membres. Allemagne, France, Royaume-Uni, Pays-Bas, Belgique, Danemark, Finlande, Autriche, Suède, Irlande… Dans 15 pays sur 28, les partis verts et leurs alliés ont dépassé les 10 % de suffrages exprimés. Si les comptes restent encore à faire, le groupe Verts/ALE du Parlement européen devrait compter plus de 70 élus, contre 52 auparavant. En Allemagne, les Grünen ont même atteint 20,9 %, ils multiplient par deux leur résultat de 2014 et distancent les sociaux-démocrates. Des résultats qui réjouissent dans le climat actuel, mais que vient ternir une autre vague, brune celle-là. En France, la liste Europe Écologie-Les Verts menée par Yannick Jadot est certes arrivée troisième (13,4 %), mais loin derrière le Rassemblement national (23,3 %) et la droite libérale de La République en marche (22,4 %) (1). Un signal d’alarme qui pousse les cadres du parti écologiste à la gravité. « Ce score nous montre que la politique de Macron n’endigue pas la montée du RN et que, maintenant que toutes les autres options politiques se sont écroulées, il ne reste que nous », résume Julien Bayou, porte-parole d’EELV.

© Politis

Annoncés quatrièmes, à 9,5 %, derrière le RN, LREM et Les Républicains lors du dernier sondage avant vote (2), les écologistes ont créé la surprise et déjoué les pronostics, devançant la liste de François-Xavier Bellamy de 5 points et terrassant les autres partis de gauche. Une surprise qui s’explique par la hausse du taux de participation – 52,1 % en 2019, contre 42,4 % en 2014 –, mais aussi par une prise de conscience de l’urgence climatique, qui s’est imposée comme un sujet crucial pour l’électorat. Et la mobilisation des jeunes a fait le reste. La liste d’EELV a en effet raflé 28 % des votes des 25-34 ans, 25 % chez les 18-24 ans. Chez les seniors, en revanche, ils ne dépassent pas les 10 %… « C’est difficile, quand on a été élevé durant les Trente Glorieuses, de se défaire des paradigmes productivistes », analyse Julien Bayou.

Serrés dans un local de l’Est parisien, les écologistes, au soir du 26 mai, ont savouré cette victoire, inespérée en France et à l’échelle du continent. « C’est la première fois que le changement climatique joue un tel rôle dans une élection », s’est félicité, outre-Rhin, Robert Habeck, l’un des chefs de file des Grünen. De part et d’autre de la frontière, l’espoir est le même : peser sur la composition de la Commission européenne et, soyons fous, obtenir le rôle de « faiseurs de roi » dans la désignation de son président.

Stratégie gagnante

Manifestations des jeunes pour le climat, mouvement des « coquelicots », pétition « l’Affaire du siècle »… Les mobilisations en faveur de l’écologie politique ont été nombreuses, toujours suivies par les écologistes français. « Je voyais cette jeunesse révoltée, je trouvais ça émouvant, mais je me disais “ne t’emballe pas, ça ne vote pas”, et en fait si ! », raconte Julien Bayou. Une victoire, donc, que les écolos expliquent par une campagne honnête et cohérente. « On a cravaché dur sur une ligne que tout le monde donnait perdante », rappelle Sandra Regol, l’autre porte-parole d’EELV.

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