Les anti-pesti creusent leur sillon

Dans toute la France, des milliers de citoyens s’engagent pour dénoncer l’utilisation massive des pesticides, défendre la biodiversité et provoquer une prise de conscience générale.

Une cocarde coquelicot à la boutonnière et une petite pelle dans une main, quelques jardiniers amateurs ont profité d’un jour férié de mai pour semer collectivement des coquelicots dans les sols accueillants de Rouen. Au-delà du côté ludique de transformer une ville en temple de la biodiversité, les participants gardent en tête l’objectif pédagogique du mouvement Nous voulons des coquelicots. Lancée en septembre 2018, notamment par le journaliste Fabrice Nicolino, cette campagne pour l’interdiction de tous les pesticides de synthèse vise cinq millions de signatures en deux ans.

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Dans la capitale normande, les soutiens ont été immédiats – le groupe local Alternatiba, la mairie, Biocoop – et l’engouement des habitants visible : plus de cent personnes réunies chaque premier vendredi du mois devant l’hôtel de ville. « C’est intéressant de s’inscrire dans la durée, cela permet de mener beaucoup d’actions, d’informer de nombreuses personnes. On s’aperçoit que peu de personnes connaissent ce mouvement et sont réellement au courant des problématiques liées aux pesticides, analyse Loïc, un participant. Mais il faut tenir la distance, et réussir à sensibiliser de nouvelles personnes. » Ils essayent de donner la parole à des associations nationales comme Terre de liens, aux défenseurs des terres agricoles, ou locales, comme l’Association de défense et de promotion de cinq communes du plateau de Buchy (1), qui se bat contre une plateforme de stockage de produits phytopharmaceutiques sur la commune voisine de Vieux-Manoir. Le site, classé Seveso 2 – le plus haut niveau – est passé de 400 à 4 100 tonnes de produits stockés… essentiellement des pesticides.

Les messagers

Délivrer les bonnes informations sur les risques sanitaires et environnementaux des pesticides est d’autant plus nécessaire dans les régions où cette problématique est une pomme de discorde, voire un sujet tabou. Comme dans les vignobles bordelais. Sophie Itey a rejoint les coquelicots de Bordeaux en novembre : une vingtaine de personnes seulement veillaient devant la mairie. Elle a repris la page Facebook pour donner un coup de peps, mais la mobilisation reste faible. Peut-être l’ombre du lobby du vin. « Nous discutons beaucoup avec les passants, alors il arrive de tomber sur des personnes réfractaires. Mais ce sont surtout des messages envoyés sur la page Facebook qui nous accusent de faire partie du lobby du bio, ou d’être des militants d’organisations alors que nous sommes à 99 % des citoyens lambda », tient-elle à signaler.

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