Les coquelicots s’enracinent

La campagne visant l’interdiction de tous les pesticides de synthèse progresse irrésistiblement partout en France.

Les compteurs sont trompeurs. Celui qui additionne les ralliements à l’appel « Nous voulons des coquelicots » semble marquer le pas autour de 650 000 signatures (1). Effet d’optique, généré par les grands nombres. Certes, après un lancement foudroyant en septembre dernier (2), la progression de la campagne, qui demande l’interdiction de tous les pesticides de synthèse, est désormais moins soutenue. Mais le régime de croisière est impressionnant.

À lire aussi >> Les anti-pesti creusent leur sillon

« Nous recevons en moyenne 2 000 nouvelles signatures par jour, c’est un flot ininterrompu de courrier, une constance qui ne laisse pas d’étonner le vieux militant que je suis », se réjouit Franck Laval, membre de la petite équipe d’animation de la campagne, qui compte une douzaine de bénévoles. Un huissier passe régulièrement pour valider les soutiens additionnels. « Les signatures électroniques sont devenues marginales, près de 80 % de l’accroissement est désormais assuré par des formulaires papier », constate le militant écologiste.

Le flot provient principalement des régions Rhône-Alpes, Bretagne et Pays de la Loire, sous l’impulsion de nombreuses petites associations. « Les gens s’installent toutes les semaines sur les marchés ou à la sortie des gares pour collecter. Et tout le monde signe ! relève Marianne Frisch. Le consensus est frappant : le poison, les gens n’en veulent plus. » Chargée de la diffusion du matériel de campagne, elle mesure aussi l’engouement : les cocardes « coquelicot » se sont déjà écoulées à plus de 100 000 exemplaires. Le premier lot, de 40 000 unités, était parti en trois jours…

« Et c’est en partie grâce à cette présence de terrain constante que des groupes “coquelicots” se créent », souligne Franck Laval. La campagne leur suggère de tenir tous les premiers vendredis du mois un rassemblement devant les mairies. La carte des mobilisations affiche actuellement quelque 750 points dans tout le pays. « Et nous sommes loin d’avoir connaissance de toutes les initiatives locales, jusque dans les plus petits villages », rapporte le militant, de retour de Cambremer (Calvados), 1 200 habitants, où les militants des coquelicots ont déjà organisé plusieurs conférences ainsi que dans les environs. « Le terme “décentralisation” est faible pour décrire ce qui se passe… » Des médecins proposent à leurs patients de signer l’appel, des structures telles que le réseau Biocoop s’engagent résolument. La populaire série Plus belle la vie, qui aime à persiller ses saisons de clins d’œil en rapport avec l’actualité, a cité à deux reprises la campagne des coquelicots.

Il reste 61% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Je choisis un pack
Achetez un pack de crédits
pour accéder à cet article.
Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 8€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Le bac des uns et le bac des autres

Culture
par ,

 lire   partager

Articles récents