Manon Aubry : La franche insoumise

Novice en politique, Manon Aubry ne l’est pas en militantisme et en campagnes. À LFI, elle amène de nouvelles pratiques et idées, quitte à ne pas plaire à tous.

J 'ai l’impression de voir le classement des entreprises et des personnes présentes dans les paradis fiscaux », lâche-t-elle le 17 avril, en direct sur LCI, alors qu’on lui présente la liste des donateurs pour reconstruire Notre-Dame de Paris. Un cri du cœur, assure-t-elle, bien vite repris sur les réseaux sociaux avant de se muer en discours politique. Spontanée, Manon Aubry sait l’être, tout comme elle est spécialiste de l’exil fiscal et de la lutte contre les inégalités. Un leitmotiv répété à l’envi par La France insoumise (LFI), qui, après plusieurs mois de tentatives d’approche, est parvenue à convaincre l’ex-porte-parole d’Oxfam de prendre la tête de la liste du mouvement pour les européennes.

Et LFI n’était pas le seul parti à avoir voulu afficher le nom de Manon Aubry sur sa liste : n’a-t-elle pas été en contact avec Place publique, Génération·s et même Europe Écologie-Les Verts (EELV) ? Si. « Le combat contre l’exil fiscal qu’elle a porté pour Oxfam, c’est un combat qui parle à toute la gauche », confirme Guillaume Balas, numéro 3 sur la liste de Génération·s. « Elle est combative et a des convictions », abonde Manuel Bompard, situé juste derrière elle sur la liste LFI.

Des convictions que Manon Aubry, 29 ans, s’est forgées dès l’adolescence. À 16 ans, elle milite pour le « non » de gauche au référendum sur la Constitution européenne, « la première et la seule fois, je crois, que j’ai collé des affiches », se souvient-elle. L’année suivante (2006), elle récidive, cette fois contre le CPE, et organise les blocages du lycée Saint-Exupéry de Saint-Raphaël, dans le Var, où elle vit. « On s’est politisés avec un groupe de potes. » Celle qui voulait faire de la sociologie se tourne ensuite vers les études de sciences politiques et passe tous les concours des instituts. Un « tour des [hôtels] Formule 1 de France », raconte-t-elle, qui se terminera par son entrée à Sciences Po Paris. « Mon grand-père m’a dit : qu’est-ce que tu vas faire là-bas ? » se souvient la candidate, qui peine alors à expliquer son choix à cette figure familiale forte, à laquelle elle doit ses racines (corses) et une partie de son caractère (corse, lui aussi).

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