Me Arié Alimi : « La violence policière est devenue un outil de gouvernement »

Avocat, Arié Alimi dénonce un nombre inédit de blessés et souligne la fuite en avant des forces de l’ordre, qui font également pression sur la justice pour éteindre les recours. Pour lui, le pouvoir bascule vers l’autoritarisme.

Ingrid Merckx  • 8 mai 2019 abonné·es
Me Arié Alimi : « La violence policière est devenue un outil de gouvernement »
© photo : Évacuation d’un militant de la ZAD de Sivens, le 6 mars 2015.crédit : PASCAL PAVANI/AFP

Membre de la Ligue des droits de l’homme (LDH), Arié Alimi est l’avocat de plusieurs victimes de violences policières : de la famille de Rémi Fraisse à Geneviève Legay en passant par les jeunes des lycées Bergson et Arago à Paris, les mutilés Jérôme Rodrigues et Sébastien Maillet. Depuis six mois, les plaintes pour violences policières explosent avec le mouvement des gilets jaunes, rendant visibles des pratiques qui ne semblaient toucher que les jeunes racisés des quartiers populaires. Pour Arié Alimi, la police prend le pouvoir dans ce pays où le pouvoir judiciaire peine à enquêter sur son bras armé, cependant que l’État s’arroge le monopole de la vérité sur les violences.

Au bout de six mois de mouvement des gilets jaunes, observez-vous une escalade de la violence ?

Arié Alimi : J’observe une évolution plutôt qu’une escalade. Il y a toujours eu des violences dans ce mouvement, tant de la part des manifestants que des forces de l’ordre. Dans les premiers actes, on a vu énormément de personnes blessées par des armes inadaptées au maintien de l’ordre : LBD 40 et grenades. Le Conseil de l’Europe, la haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, le Parlement européen et la LDH ont interpellé le gouvernement en lui disant qu’il était en train de créer des blessés de guerre. On note maintenant un peu moins de violences qu’avant. Cela ne signifie pas que les forces de l’ordre ont cessé d’utiliser ces armes de guerre, mais qu’elles ont modifié leurs modes d’utilisation. Et les personnes qui pouvaient les utiliser ont changé aussi. 90 % des

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

Comment l’extrême droite manipule la science pour justifier le racisme
Racisme 16 avril 2026 abonné·es

Comment l’extrême droite manipule la science pour justifier le racisme

Malgré le consensus biologique, l’extrême droite ravive le racisme des sciences biologiques du 19e siècle qui ont justifié esclavagisme et colonisation. Cette résurgence irrigue le débat public et donne au racisme l’apparat d’un discours académique pour mieux se légitimer.
Par Juliette Heinzlef
« Qu’est-ce qu’il dit l’orang-outan ? » : Frontières visé par une plainte pour ses commentaires racistes 
Exclusif 16 avril 2026

« Qu’est-ce qu’il dit l’orang-outan ? » : Frontières visé par une plainte pour ses commentaires racistes 

Visé par des dizaines de commentaires le comparant à un « singe » suite à une vidéo de Frontières sur Facebook, Bouna M. a porté plainte contre le site d’extrême droite pour provocation publique à la haine et contre les auteurs des injures.
Par Hugo Boursier
Comment la loi Yadan entend « légiférer la censure » des voix pro-palestiniennes  
Analyse 15 avril 2026 abonné·es

Comment la loi Yadan entend « légiférer la censure » des voix pro-palestiniennes  

La proposition de loi Yadan, débattue ce jeudi 16 avril, suscite de vives inquiétudes en raison de son caractère jugé liberticide et son contenu flou. Avocats, associations et artistes redoutent un recul de la liberté d’expression. 
Par Kamélia Ouaïssa
« Nous utiliserons tous les moyens parlementaires pour que la loi Yadan soit rejetée »
Entretien 15 avril 2026

« Nous utiliserons tous les moyens parlementaires pour que la loi Yadan soit rejetée »

La députée LFI Gabrielle Cathala, désignée cheffe de file contre la proposition de loi de Caroline Yadan, explique comment son groupe entend combattre le texte dans l’hémicycle.
Par Hugo Boursier