« Pinocchio (live) » : la révolte des pantins

Dans le cadre de son exposition à la Maison des Arts de Créteil, Alice Laloy présente Pinocchio (live). Un beau et étonnant rituel de marionnettisation.

Au milieu du Carreau du Temple, lors de sa création à l’occasion de la 10e édition de la Biennale internationale des arts de la marionnette (Biam), qui se poursuit jusqu’au 29 mai, l’ouverture de Pinocchio (live) aurait presque pu passer inaperçue. Si cette performance n’avait été indiquée dans le programme d’ouverture du festival, le rassemblement d’enfants autour d’un petit char fait de bric et de broc aurait presque pu se confondre avec les allées et venues des petits et des grands venus découvrir la richesse et la diversité de la marionnette contemporaine et du théâtre d’objets. Orchestré par Alice Laloy, Pinocchio (live) commence en catimini. Il naît d’une énergie quotidienne, débute de manière quasi naturaliste pour évoluer vers un troublant rituel de métamorphose.

Mené par treize jeunes officiants issus de la classe à horaires aménagés du Conservatoire à rayonnement régional de la Ville de Paris et par autant de ­performeurs professionnels apparus discrètement, comme né du silence initial, l’étrange cérémonial qui se met en place prend à rebours le cycle de vie et de mort habituel d’une marionnette. Au lieu de chercher à donner l’illusion d’une naissance, d’une incarnation de la matière, Alice Laloy met en scène la transformation de la chair en bois et autres composants nécessaires à la construction d’un pantin. D’un petit garçon de pin inspiré des fameuses Aventures de Pinocchio (1881) de Carlo ­Collodi d’une manière très libre. Très ouverte à l’interprétation.

Rien, dans Pinocchio (live), ne dit l’histoire de Geppetto, le pauvre menuisier italien qui d’une bûche a fait un enfant. Rien n’évoque non plus les aventures ni les mensonges du célèbre personnage de la littérature jeunesse.

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