« An Irish Story » : Arabesques irlandaises

Dans An Irish Story, Kelly Rivière mène avec brio et dynamisme une enquête très personnelle sur un passé étouffé.

Des photos, des documents suspendus à des fils, comme du linge qui sèche. La jeune femme, Kelly, qui occupe la large pièce qui s’ouvre devant nous fouille dans son passé. Franco-­Irlandaise repliée à Lyon, elle mène l’existence d’une artiste qui, mal notée, a dû renoncer à la danse classique et se débrouille dans une vie rendue difficile par cette double culture, ce double héritage familial.

Les photos placées à l’arrière-plan n’illustrent pas grand-chose, et surtout pas le problème qui se met à hanter Kelly : qu’est devenu le grand-père Peter O’Farrel ? On sait que ce personnage haut en couleur a quitté l’Irlande, accompagné d’une jeune femme, pour tenter de trouver du travail à Londres. On sait aussi qu’il a eu des enfants. Il est capable d’en faire beaucoup ! Mais, depuis, les informations, données tantôt d’une voix sèche, tantôt avec chaleur, sont contradictoires. Au téléphone, telle personne répond que Peter O’Farrel est mort, telle autre qu’il est peut-être vivant. Les vérités tournoient, reconstituant un tableau de l’exil, de l’immigration, de la pauvreté, et aussi un éloge de l’Irlande batailleuse, alcoolique et généreuse : dans les décennies 1950-1960, ces gueux qui descendaient en Angleterre dans l’espoir de maigres salaires n’étaient pas aimés et, avec leur tempérament agité, ne restaient pas là où on voulait les cantonner.

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