Dossier : Qui a peur des véganes ?

Animalistes : Des militants vachement plus radicaux qu’avant ?

Blocages d’abattoirs, actions spectaculaires, vidéos glaçantes… Les antispécistes font de plus en plus de bruit, et les volontaires ne manquent pas. Une virulence qui n’est pas forcément nouvelle, mais se trouve aujourd’hui largement médiatisée.

Au creux de la nuit du 16 avril, quelques dizaines de silhouettes vêtues de noir, cagoulées pour la plupart, se glissent furtivement derrière les portes de l’abattoir Friselva, en Catalogne. Sur leur sweat, le logo de l’association anti-spéciste 269 Libération animale. Une poignée de cochons sont exfiltrés en douceur et emmenés en camion vers l’un des sanctuaires de l’association. Pour les militants, la nuit sera encore longue. Enchaînés aux box en métal, ils bloqueront l’abattoir pendant plusieurs heures, jusqu’à se faire violemment déloger par les forces de l’ordre.

Plus récemment, le 4 mai à Paris, un boucher bio du marché couvert Saint-Quentin a vu sa marchandise recouverte de faux sang par d’autres militants antispécistes. Tentant de s’interposer, le commerçant aurait même reçu un coup de poing. D’après la Confédération française de la boucherie, charcuterie, traiteurs (CFBCT), « plusieurs dizaines de boucheries-charcuteries ont subi ces derniers mois de graves détériorations ». Loin des traditionnelles pétitions et vidéos clandestines d’abattoirs, pour certains, l’heure est venue de passer à l’action.

Clara Leone, 28 ans, est de ceux-là. Elle participe à des actions directes depuis un peu plus de deux ans. « Je suis devenue végane il y a six ans, après être tombée par hasard sur un article qui traitait de l’élevage, et plus précisément de l’élevage de cochons », se souvient cette entrepreneuse alsacienne, qui rejoint alors l’association L214, spécialisée dans les vidéos d’abattoirs et le militantisme de rue, puis gère avec des amis l’antenne strasbourgeoise de 269 Life France, aux modes d’action similaires. « Mais j’ai compris que l’indignation d’un consommateur est vite oubliée devant le repas du soir, se désole-t-elle. Il y a deux ans et demi, j’ai commencé à me tourner vers une association plus radicale, 269 Libération animale, dont la stratégie est fondée sur la désobéissance civile et l’action directe. » À savoir la libération d’animaux en laboratoire, le blocage d’abattoirs et la construction de refuges pour les animaux libérés.

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