Blanche, super-héroïne

Blanche Gardin signe un nouveau spectacle décapant et irrévérencieux, bousculant les clichés sexistes, chahutant les travers encombrants du quotidien.

Une toute petite bonne femme blonde dans sa robe bleue d’enfant sage, au regard malicieux, le sourire en coin. On se demande d’abord quelle bien douce connerie elle va faire. Elle vient raconter sa vie, des bribes de son existence, poser son regard sur le monde qui l’entoure. Elle n’a pas d’enfant. « La vie s’arrête à la mienne. » Alors pensez donc si l’écologie, elle s’en cogne et s’en moque.

Au reste, Blanche Gardin se moque de tout et d’elle-même d’abord : « Je n’ai pas l’âge de mon prénom, j’attends », confie-t-elle, avant d’évoquer brièvement ses premières règles, la sexualité et la vieillesse qui se poste aux aguets (la sienne, à plus de 40 ans maintenant), sa défiance à l’égard de la virilité, des magazines féminins, du féminisme, de l’autorité et du pouvoir liés à la libido, sa place dans la société. Mais quelle place parmi les humoristes qui montent sur scène avec une identité, une cause à défendre ? « Moi, je n’ai rien, je n’ai pas de spécificité. Je ne suis pas homo, je ne suis pas trans, je ne suis pas végane, je ne suis pas polyamoureuse, je ne suis pas obèse, je ne suis pas noire, je ne suis même pas juive. Je ne suis rien ! Je suis une femme blanche, hétérosexuelle, consommatrice d’anxiolytiques. Ce n’est pas une identité, c’est un cercueil. »

En revanche, elle dit savoir quand elle est devenue une femme : « Quand j’ai couché avec un homme marié, quand tu te fais doigter par une main avec une alliance dessus. C’est la vision de la main du mec, avec son alliance, entre tes cuisses qui te fait devenir une femme brutalement… » Crue, directe, Blanche Gardin se plaint, gémit, râle, houspille, tacle la soumission sexuelle des femmes à devoir « sucer une bite qui sent le castor », reconnaît avoir sucré le hashtag Balance ton porc parce que certains propos… l’excitent !

Surtout, elle refuse toute bienveillance à son égard, parce que « la vie est un risque. Et tout est risque… » Fumer aussi. « Mais de là à mettre des images de mort sur un paquet de cigarettes ! Pourquoi pas placarder des posters de noyés à l’entrée des plages ?! » Avant encore de porter quelques commentaires sur l’actualité : l’inutilité du grand débat, la médiocrité de quelques émissions télé, celle de Cyril Hanouna entre autres, l’esprit de la Manif pour tous (« C’est rien que des gros pédés »), la diarrhée verbale sur Twitter et le retour de l’antisémitisme (« C’est complètement con d’être antisémite en 2019. Aujourd’hui, ce sont les gays qui contrôlent tout ! »)

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