Cosmique de situation

Pour son premier livre en couleur, Clément Vuillier traque l’énergie d’une comète en voyage et d’une planète en pleine métamorphose. Une contemplation brute, dont l’humain est absent.

L e paysage est mon sujet central. Comme zone d’exploration plus ou moins fantasmée. » Avec L’Année de la comète, Clément Vuillier penche clairement du côté « plus ». Passe une comète dans le ciel étoilé et une planète se métamorphose. Les phénomènes sont-ils liés, concomitants ? Planète et comète ne font-elles qu’une ? Il n’y aura pas de réponse. Ce livre grand format est muet, et cette aventure cosmique sans héros, si ce n’est le paysage ou plutôt les paysages. On pourrait craindre l’ennui, on n’en voit pas la queue. Explosions, neige, tsunami, forêt tropicale, masse de feu, volcans, océan, cyclone : tout est mouvements, soubresauts, entrelacs. Ça vibre, fascine ! On peut passer de longs moments à regarder les planches, les milliers de détails entremêlés, toujours sous-tendus par une folle énergie, un courant. Un petit Big Bang dépeint avec une grande modestie.

Deux histoires se rencontrent : celle d’une comète et celle d’une planète. Le lecteur est le point d’attraction de la première : son déplacement nous la rend de plus en plus proche, comme si le télesco­pe devenait peu à peu micro­scope. Et il est le spectateur de la seconde : les plans posés, distants, sont autant de cartes postales démentes, alternant panoramiques et focus. Jusqu’à se resserrer sur les explosions qui animent les surfaces et les cieux. Planète ou comète, qu’importe : nous y sommes, et c’est ce qui compte.

Né à Bagnères-de-Bigorre, dans les Hautes-Pyrénées, Clément Vuillier dessine, marche, randonne et pratique l’alpinisme. Si parcourir de grandes distances ou accumuler les destinations exotiques ne le fascine en rien, c’est qu’il privilégie l’instant et son ressenti :

Je ne fais pas du tout de croquis de paysage. D’abord parce que je trouve ça extrêmement dur. La montagne est un élément trop puissant pour qu’on puisse la capter. Ensuite parce que je préfère en profiter quand j’y suis. Et je n’aime pas travailler après coup d’après documentation. Je préfère partir de ce que mon esprit a capté. Je fonctionne de la même façon pour les lieux où je ne suis pas allé. Nous avons tous une ou des représentations fantasmées de la jungle, du pôle Nord, et c’est cette mythologie qui m’intéresse.

Traversés,

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