Le CNC dans le collimateur

Deux députées macronistes ont décidé de s’en prendre au Centre national du cinéma et de l’image animée.

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Pourquoi ne pas casser ce qui fonctionne ? Deux députées, macronistes zélées, viennent de trouver un nouveau chantier de destruction : le financement du cinéma. Céline Calvez, vice-présidente de la commission des affaires culturelles, et Marie-Ange Magne, membre de la commission des finances, ont décidé de s’en prendre au Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) par le biais d’un rapport d’évaluation qui sera rendu public au début de ce mois. Céline Calvez en a déjà dévoilé les grandes lignes devant les députés. Du nanan ! Ainsi, l’élue souhaiterait que le CNC aide plus spécifiquement… les films qui vont faire des entrées ! Par exemple en durcissant les critères de sélection quant au « potentiel à l’exportation ». Ce qui donne dans le sabir macroniste : « Il faut trouver un dispositif qui finance des films mieux vus et mieux vendus à l’international pour consolider notre soft power. » On ignore quel est le « power » de l’esprit de Céline Calvez, mais il semblerait que sa compréhension du domaine artistique soit très « soft ». Rendre plus performant ou plus rentable le soutien aux films, il fallait l’imaginer !

La députée préconise également un rééquilibrage du CNC en faveur de l’audiovisuel et un contrôle renforcé du CNC par le Parlement, mesure déjà préconisée par Aurore Bergé dans le cadre de la future réforme de l’audiovisuel. Or, vis-à-vis du CNC, les députés seraient plus avisés de se préoccuper du devenir du cinéma d’auteur. Comme l’écrivait la Société des réalisateurs de films (SRF), dans un communiqué le 9 mai, « les pouvoirs publics, à travers la création du CNC, ont créé un système de financement de notre cinéma à la fois unique et vertueux ». Mais la SRF s’inquiétait : « À l’heure où les grands diffuseurs voudraient nourrir le flou entre œuvres cinématographiques et audiovisuelles dans l’objectif de mutualiser leurs obligations, le CNC se laisse […] tenter par son corollaire : des passerelles entre les fonds de soutien cinéma et audiovisuel. Face à cette porosité, à ces indistinctions commodes entre “contenus”, qui d’autre que le CNC peut se porter garant de la singularité des formes ? »


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