Macron veut faire peur aux ours

Parmi d'autres mesures impulsées par l'État, Pôle emploi recrute des chômeurs pour « effaroucher » les plantigrades des Pyrénées.

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Le président de la République vient de montrer une nouvelle fois son manque d’intérêt pour la biodiversité et même son mépris pour ce qui reste de faune sauvage, en laissant fuiter les décisions sur l’avenir des ours et des loups en France avant même la réunion prévue avec les associations de protection de la nature sur l’avenir de ces mammifères. Ce faisant, il va à l’encontre du Plan ours 2018-2028, qui avait mis d’accord toutes les parties, et ouvre la voie à de nombreux abus.

Non seulement Emmanuel Macron a donné son accord il y a quelques jours pour qu’une centaine de loups soit abattus dès l’année prochaine, mais il a prié son ministre de l’Écologie de « prendre des mesures » contre la quarantaine d’ours qui peinent à survivre dans les Pyrénées. Ainsi, sans en débattre avec les associations, comme cela était prévu le jeudi 6 juin à la préfecture de Toulouse, le pouvoir a décidé, à la demande des chasseurs et des bergers qui refusent de mettre en œuvre les mesures de protection des troupeaux de brebis, de procéder à l’effarouchement des ours bruns. Il vient de décider, avant toute concertation avec les protecteurs, de faire publier par Pôle Emploi Ariège une annonce pour recruter des « effaroucheurs » d’ours !

Les ours au bout des fusils

Et désormais, les bergers seront informés par SMS, tout comme les effaroucheurs, de la localisation des ours. Cette décision met en danger les ours puisque cela les met à la merci des organisations de chasseurs, qui pourraient faire usage de leurs fusils en prétendant, comme dans d’autres tristes occasions, qu’ils se sont sentis « menacés ». Un cadeau de plus aux chasseurs auxquels le Président vient d’accorder un permis de chasse à prix cassé et de nombreux postes dans les instances chargées de préserver la biodiversité.

Le pouvoir oublie que les ours sont une espèce protégée en état de danger critique d’extinction, d’après les scientifiques. Il n’y a plus aucune concertation pour que soit définie une politique pour améliorer la coexistence pacifique entre l’élevage et la population des ours, dont les prédations sont très faibles et sans le moindre rapport avec celles attribuées aux loups. Dans les deux cas, d’ailleurs, les dégâts sont remboursés par les autorités, même lorsque les propriétaires et les bergers refusent de prendre la moindre précaution et abandonnent leurs troupeaux pendant plusieurs jours. Sans oublier que les chiens errants tuent et blessent de nombreuses brebis.

Toutes les associations concernées ont donc décidé de ne pas se rendre à la réunion de Toulouse.


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