La mue libérale des présidents « socialistes »

Arrivés au pouvoir sous les couleurs de la gauche, de nombreux chefs d’État ont depuis cédé à la folie du libre-échange et de l’austérité.

Rémi Carayol  • 10 juillet 2019 abonné·es
La mue libérale des présidents « socialistes »
© photo : Mahamadou Issoufou et Alpha Condé au Niger en 2012.crédit : CELLOU BINALI/AFP

Il n’était pas peu fier, Mahamadou Issoufou, à l’ouverture du sommet extraordinaire de l’Union africaine (UA) organisé à Niamey du 4 au 8 juillet. D’une part, le président nigérien pouvait faire admirer à ses pairs les constructions pharaoniques réalisées pour l’occasion : aéroport rénové, deux fois deux-voies reliant l’aéroport au centre-ville, nouveaux hôtels de luxe et villas « présidentielles ». Édifiées en un temps record, ces infrastructures, dont nombre de Nigériens se demandent à quoi elles pourront servir une fois les chefs d’État partis, ont nécessité un investissement de 450 milliards de francs CFA (697 millions d’euros), soit près du quart du budget de l’État nigérien en 2019. D’autre part, le Président voyait aboutir un projet qui lui tenait à cœur : la zone de libre-échange continentale (Zlec), dont le lancement officiel a été célébré à Niamey.

Ce projet, initié par le Rwandais Paul Kagame, chantre du libre-échange, prévoit un marché unique et la fin des droits de douane pour les marchandises et les services sur l’ensemble du continent. Une « folie suicidaire », pour l’économiste Jacques Berthelot, qui risque de pénaliser les pays les plus fragiles comme le Niger et de bénéficier essentiellement aux multinationales. Même le Forum économique

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Monde
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

Au Mozambique, TotalEnergies en fer de lance de l’extractivisme néocolonial
Écologie 29 mai 2026 abonné·es

Au Mozambique, TotalEnergies en fer de lance de l’extractivisme néocolonial

Après cinq années d’interruption, la firme française relance le chantier d’un mégaprojet gazier dans ce pays est-africain. Outre ses dévastations sociales et écologiques, ce dernier a mis sous tutelle un des États les plus pauvres du monde par une des multinationales les plus riches.
Par Martin Eteve
Soutenir ou partir : à Moscou, une jeunesse sous contrôle
Reportage 27 mai 2026 abonné·es

Soutenir ou partir : à Moscou, une jeunesse sous contrôle

Un samedi soir à Moscou, des jeunes se confient sur leur envie de quitter le pays et sa « fucking corruption », la peur d’être mobilisés au front, et le contournement des blocages d’internet. D’autres affichent leur fierté d’être russes.
Par Pauline Mussche et Fiora Garenzi
En Crimée annexée, la guerre non dite a bien lieu au quotidien
Reportage 27 mai 2026 abonné·es

En Crimée annexée, la guerre non dite a bien lieu au quotidien

Le territoire illégalement annexé par la Russie en 2014 est rattrapé par le conflit. Malgré un discours officiel prétendant que les civils conservent une « vie paisible », la population souffre d’une situation qui s’éternise, faite d’angoisse et de morts passées sous silence.
Par Pauline Mussche et Fiora Garenzi
En Crimée, « aujourd’hui, même ceux qui se taisent sont réprimés »
Entretien 27 mai 2026 abonné·es

En Crimée, « aujourd’hui, même ceux qui se taisent sont réprimés »

En Crimée annexée, des défenseurs des droits humains continuent de travailler malgré le harcèlement des autorités. Sous couvert d’anonymat, l’un des défenseurs de la minorité tatare a accepté de témoigner.
Par Pauline Mussche et Fiora Garenzi