Edgar Morin, nomade éclairé

Presque centenaire, le sociologue narre son parcours politique, intellectuel et amoureux dans une autobiographie passionnante.

Quiconque s’est un jour plongé dans l’histoire du PCF, ses erreurs et dénégations historiques (en particulier par rapport au stalinisme et surtout à l’existence du goulag), mais aussi l’autoritarisme dans les relations entre militants, intellectuels et dirigeants, garde en mémoire le magnifique petit volume Autocritique d’Edgar Morin, publié en 1959. Le sociologue y raconte comment sa foi stalinienne, héritée des combats de la Résistance, s’effrite peu à peu devant « le crétinisme culturel » du parti, ses mensonges et surtout son suivisme aveugle de ceux de Moscou et des partis frères, au pouvoir depuis l’après-guerre dans les funestes « démocraties populaires ». Jusqu’à son exclusion en 1951, qui, alors, est synonyme de chômage (puisqu’il se voit viré de toutes les publications liées de près ou de loin au parti) et d’ostracisme de la part de ses anciens camarades.

Une bonne moitié du présent ouvrage vient en effet rappeler, d’anecdotes en affrontements, l’influence considérable, voire tyrannique, de ce PCF ultra-stalinien des années 1940-1950 (à la différence, certes relative, du PC italien) sur la gauche française, le débat politique et intellectuel et, plus largement, la vie publique hexagonale.

Il reste 57% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Je choisis un pack
Achetez un pack de crédits
pour accéder à cet article.
Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 8€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Articles récents