« Fête de famille », de Cédric Kahn : Le prix de l’originalité
Dans Fête de famille, Cédric Kahn interroge avec nuance le regard porté sur les névroses de groupe et les comportements limites.
dans l’hebdo N° 1567 Acheter ce numéro

Une voiture pénètre dans le parc d’une belle demeure. Le soleil est radieux. À son bord, Vincent (Cédric Kahn), l’un des deux fils des propriétaires, sa femme et ses deux enfants. L’autre fils, Romain (Vincent Macaigne), est déjà sur place, accompagné de sa énième nouvelle petite amie (Isabel Aimé Gonzalez Sola). On vient fêter l’anniversaire de la maîtresse de maison, Andréa (Catherine Deneuve), qui a auprès d’elle un mari effacé. Les premiers plans confirment ce qu’annonce le titre : il s’agit bien d’un film de famille.
Encore un ! – pourrait-on dire – avec ses figures imposées, d’un naturalisme vu et revu : ces réunions d’abord enjouées, puis tournant vinaigre pour terminer dans un règlement de comptes sanglant. Mais il n’en est rien. Le nouveau film de Cédric Kahn, après les très réussis Vie sauvage (2014) et La Prière (2018), n’est pas un objet rebattu. Plus exactement, il prend en compte ce qui constitue l’une des caractéristiques de la famille : les névroses qu’elle engendre. Et il les pousse à leurs limites, là où on ne sait plus très bien s’il y a déviance ou pas, démence ou pas. Il y aurait donc erreur à identifier trop vite ce film, qui distille a priori quelques signes reconnaissables, mais prend vite un tour beaucoup plus riche et complexe.
L’agent de perturbation se nomme Claire (Emmanuelle Bercot). Elle est la fille
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