« Joker », de Todd Phillips : le rire qui tue

Dans Joker, Lion d’or à Venise, Todd Phillips met en scène le clown ennemi de Batman sous les traits d’un psychopathe fragile et terrifiant.

Si le rire est le propre de l’homme, il l’est aussi jusque dans sa folie. Atteint de troubles psychiques, Arthur Fleck (Joaquin Phoenix) est gagné par un rire compulsif quand un malaise lui vient. Son job : clown de rue à Gotham, une ville ressemblant à un New York pas tout à fait contemporain.

Le film commence par une séquence brutale et pathétique. Alors qu’Arthur fait son métier, exhibant une pancarte publicitaire, des enfants la lui volent et se mettent à courir. Il les poursuit mais, une fois engouffrés dans une sombre ruelle, les gamins parviennent à le mettre à terre et le rouent de coups. Autant dire que cet homme est d’abord un être vulnérable. Il est aussi terriblement inquiétant. Joaquin Phoenix, très amaigri par rapport à ses derniers rôles, a des faux airs d’Antonin Artaud. Le regard perçant, pénétrant jusqu’aux tréfonds du néant.

Arthur a des rêves inaccessibles. Il aimerait réussir une carrière de comique et être invité dans l’émission télévisée de Murray Franklin (Robert De Niro). Mais, quand il s’adonne au stand-up, il est le seul à rire. Il vit sous le même toit que sa mère (Frances Conroy), qui le surnomme Happy. Arthur fantasme également une histoire d’amour avec sa voisine de palier (Zazie Beetz). Il la suit un jour jusque dans les quartiers d’affaires où elle travaille. Ce n’est pas très loin qu’Arthur devient Joker : grimé en clown, il se retrouve seul dans une rame de métro avec trois prétentieux aux allures de traders, arrogants et grossiers. Le clown détient un revolver que lui a donné un de ses collègues après son agression par les enfants. Il finit par en faire usage contre les trois importuns.

Joker est une figure célèbre de la culture populaire aux États-Unis, un personnage de « super vilain » qui apparaît en tant qu’ennemi juré de Batman dans les comics des années 1940. Todd Phillips dévoile l’homme qui se cache derrière son grimage, un psychopathe, un individu relégué à cause de son handicap, non dénué de périodes de lucidité. Arthur dit ainsi : « Ce qu’on demande aux fous, c’est de se conduire comme tout le monde. »

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