« Le Traître » : Paroles d’honneur (ou de donneur) ?

Dans Le Traître, Marco Bellocchio met en scène le premier repenti de Cosa Nostra, offrant un tableau grandiose d’une histoire italienne et de la mafia.

La séquence d’ouverture est un petit chef-d’œuvre d’exposition : elle contient les germes de tout ce qui va suivre. Elle a en outre une dimension théâtrale, qui la rend tragicomique. Au début des années 1980, les deux branches rivales de Cosa Nostra sont réunies dans une villa. Leurs chefs ont décidé de conclure un pacte de non-agression. Quand ceux-ci sortent de la pièce où ils ont passé leur accord, tout le monde se retrouve pour une photo de famille, puis on laisse place à la fête. Mais l’ambiance est forcée, artificielle. Les sourires sont crispés. On dissimule mal les revolvers qu’on tient sous les vestes au cas où. Dans les mois qui viennent, les uns vont vite passer à l’action et se mettre à décimer les autres, ceux du camp de Tommaso Buscetta.

Le Traître. Un titre cinglant, qui désigne le personnage principal du nouveau film de Marco Bellocchio. Buscetta a réellement existé. Il fut le premier membre de la mafia à collaborer avec la justice italienne, dans les années 1980, entraînant le démantèlement de l’organisation criminelle sicilienne. Mais, chez le cinéaste de Buongiorno, notte, les choses ne sont pas aussi simples. La trahison est une question de point de vue, de même que la notion d’honneur qui y est adjointe.

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