Dossier : Féminismes : Les nouvelles voix

« Lutter pour toutes les femmes »

Comment se mobilise-t-on quand on se trouve face à plusieurs types de domination ? Entretien avec Rokhaya Diallo et Grace Ly, créatrices du podcast Kiffe ta race.

Afroféministes, asioféministes, féministes musulmanes, féministes précaires, féministes lesbiennes… Ces dernières années, de plus en plus de voix pointent la multiplicité des situations des femmes et de leurs revendications. La domination est plurielle, les discriminations multiples. Pour Rokhaya Diallo et Grace Ly, auteures (1), réalisatrices et coanimatrices du podcast Kiffe ta race, qui décortique chaque semaine les multiples facettes du racisme, les oppressions se croisent, se mêlent et les combats de certaines femmes ont été trop longtemps invisibilisés.

Quelles féministes êtes-vous ?

Grace Ly : Je suis féministe, tout simplement, parce que je trouve que cette notion est assez riche pour être inclusive. Mais je me reconnais également dans le terme « asioféministe ». Car quelles que soient les personnes auxquelles je parle, on me renvoie toujours l’idée que je suis une femme asiatique. Or cette façon dont je suis perçue a un impact sur ma place dans la société, sur la façon dont les autres interagissent avec moi. Si je ne me définis pas spontanément comme asioféministe, c’est quelque chose qui me semble important. Il faut que nous, femmes asiatiques, traitions des questions qui nous touchent spécifiquement parce que, si nous ne le faisons pas, personne d’autre ne s’y intéressera.

Rokhaya Diallo : J’ai l’impression que c’est toujours aux féministes minoritaires que l’on demande de se définir. Je milite comme féministe depuis environ vingt ans et, quand je me suis engagée, c’était pour le féminisme en général. Je me définis donc comme féministe, tout simplement. Mais, s’il faut préciser, mon féminisme est aussi antiraciste, décolonial et intersectionnel.

Qu’est-ce que l’intersectionnalité pour vous ?

R. D. : C’est tout simplement considérer que certaines femmes sont à la croisée des oppressions. Elles peuvent être à la fois victimes de racisme, de sexisme, d’homophobie… On ne peut pas ne pas prendre en compte le fait que d’autres dominations existent et qu’elles ont un impact sur la domination sexiste. Notre réflexion se doit d’être intersectionnelle.

Il reste 81% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Je choisis un pack
Achetez un pack de crédits
pour accéder à cet article.
Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 8€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Articles récents