« Histoire d’un regard », de Mariana Otero : Le photographe et la cinéaste
Dans Histoire d’un regard, Mariana Otero retrace le parcours de Gilles Caron, photoreporter disparu à l’âge de 30 ans après avoir couvert la guerre des Six-Jours, celle du Vietnam, le Biafra ou Mai 68.
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Son documentaire précédent, L’Assemblée (1), Mariana Otero l’avait réalisé au débotté, se lançant dans la Nuit debout parisienne qui venait de surgir pour la filmer dans ses développements, son énergie et ses difficultés. Elle était alors déjà avancée dans l’élaboration de son nouveau film, Histoire d’un regard, dont le sous-titre est : « À la recherche de Gilles Caron ». Si celui-ci est d’une tout autre facture que le précédent, on peut au moins voir un lien entre les deux. Gilles Caron, qui était photo-reporter, s’est illustré en -saisissant ce qui était en train de se dérouler à divers points chauds du globe. C’est, toutes proportions gardées, ce qu’a fait la cinéaste en plongeant sa caméra au cœur d’un événement.
Mais, entre elle et le photographe, existe un autre point commun, beaucoup plus intime, évoqué dès les premières minutes du film. C’est d’ailleurs la découverte de cette similitude qui a été l’élément déclencheur. Gilles Caron est mort à 30 ans, en 1970 au Cambodge, laissant deux fillettes derrière lui. Exactement comme la mère de la réalisatrice et de sa sœur Isabel, Clotilde Vautier, décédée au même âge des suites d’un avortement clandestin.
Sur sa mère, qui était peintre, on se souvient d’Histoire d’un secret, le très beau film que Mariana Otero avait réalisé en 2003. Histoire d’un regard ; Histoire d’un secret : ce n’est pas un hasard si les deux
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