Réforme des retraites : Un projet « très idéologique »

Arc-bouté autour de son « âge d’équilibre », le futur système de retraite par points est pensé pour faire travailler les Français plus longtemps, faute de quoi leur pension baissera drastiquement. Analyse du texte de loi avec l’économiste Michaël Zemmour.

Le projet de loi ordinaire de 141 pages et le projet de loi organique composant la réforme des retraites ont été rendus publics par la CGT le 10 janvier. Ils sont tendus vers une règle d’or budgétaire et portent plusieurs mécanismes qui risquent de provoquer une baisse des pensions, analyse Michaël Zemmour. Le report de l’âge pivot, provisoire et conditionné, qu’Édouard Philippe a annoncé le 11 janvier, n’est pas de nature à modifier la logique régressive de ce projet de réforme.

Que retenez-vous de la lecture des deux textes de loi de la réforme des retraites ?

Michaël Zemmour : La mesure la plus importante de ce double projet de loi est la « règle d’or », consignée dans l’article 1 du projet de loi organique. Elle dit que le système n’a pas le droit d’être en déséquilibre sur une période de cinq ans en moyenne. Cette règle d’or, conjuguée au fait qu’on refuse toute augmentation de cotisation et qu’on a fait naître un déséquilibre dans le système, constitue un verrou. Des économies seront faites sur les pensions. Nous passons d’un système à « rendement défini », c’est-à-dire un système où le niveau de pension est garanti, à un système à « cotisation définie », où l’absence de déficit est gravée dans le marbre.

Les esprits se sont beaucoup concentrés sur l’âge pivot, également appelé « âge d’équilibre ». De quoi s’agit-il ?

Nous parlons en réalité de deux âges pivots, qui sont liés, mais un peu différents. Le premier est le moyen qui était proposé par le Premier ministre – et qui l’est toujours – pour faire baisser les pensions des personnes qui ne seront pas concernées par le système par points (celles nées entre 1960 et 1975). Le gouvernement veut faire 12 milliards d’euros d’économie sur cette génération, qui représente à peu près 4 millions de personnes. Ça fait des baisses de pension importantes. On garde le critère de durée de cotisation qui existe aujourd’hui – il faut avoir cotisé quarante-deux années –, mais on y ajoute un critère d’âge – partir à 64 ans. On choisit le plus défavorable des deux critères pour calculer la décote.

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