Bruce Lee, un gladiateur chinois

Le livre que consacre le journaliste et critique Adrien Gombeaud à la star du kung-fu montre un personnage intéressant.

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On peut le réduire à sa représentation commune : une icône des films de kung-fu. Mais le livre que lui consacre le journaliste et critique Adrien Gombeaud montre que Bruce Lee est un personnage beaucoup plus intéressant. Bruce Lee. Un gladiateur chinois suit la chronologie, ce qui permet de comprendre comment le destin du héros de La Fureur de vaincre s’est joué dans un va-et-vient entre Hongkong et les États-Unis. Né fortuitement à San Francisco en 1940, Bruce Lee grandit à Hongkong, où il devient un enfant star dans les pas de son père, comédien, tournant dans plusieurs films. De son propre aveu, il est un « voyou », prompt à la bagarre, d’où son intérêt pour les arts martiaux. Qu’il va désacraliser et adapter au goût du jour des années 1960, s’écartant ainsi du kung-fu pour inventer le jeet-kune-do.

Arrivé à 19 ans aux États-Unis, son parcours pour devenir une vedette à Hollywood est un chemin de croix. Les relations qu’il noue (Steve McQueen notamment) ne l’aident pas. Il parvient à tourner les premiers épisodes d’une série qui ne connaîtra pas le succès. Adrien Gombeaud écrit : « L’échec de [cette série] annonce celui de Bruce Lee en Amérique. L’impossible ascension d’un Asiatique trop charismatique pour incarner les faire-valoir, dans un pays qui réserve les premiers rôles à des acteurs blancs. » C’est en revenant à Hongkong, en 1970, que Bruce Lee deviendra vraiment Bruce Lee. Il y tourne les films qui le rendent mondialement célèbre et lui permettent d’être enfin une star aux États-Unis avec Opération dragon, de Robert Clouse. Juste avant de disparaître, à 32 ans, le 20 juillet 1973. Adrien Gombeaud achève son livre allègre sur une évocation de la révolte contemporaine des Hongkongais contre Pékin. En symbiose, selon lui, avec ce qu’a symbolisé le « gladiateur chinois » : l’esprit d’insurrection.

Bruce Lee. Un gladiateur chinois, Adrien Gombeaud, Capricci, 144 pages, 11,50 euros.


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