Les conseils et recettes d'un agronome avant de se mettre à table

Le professeur Marc Dufumier, successeur à l'Agro de René Dumont, fait un tour critique de nos assiettes, de nos phobies et des pesticides

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Mettant en scène toutes les expériences de l’agro écologie qu’il a vérifiées pendant toutes ses activités de Professeur à l’Institut agronomique de Paris (AgroParis Tech), Marc Dufumier livre dans son ouvrage toutes ses recettes pour connaitre et éviter les pièges de la malbouffe, aussi bien en France qu’en Afrique. Des choix logiques pour celui qui a pris à l’Agro la succession à la Chaire occupée par René Dumont.

Dans ce dernier livre, « De la terre à l’assiette », Marc Dufumier passe en revue, de son point de vue de scientifique et de consommateur, l’art et la manière d’éviter les pièges et les « infox » qui nous guettent au bord de chacune de nos assiettes. En commençant par expliquer que s’il défend l’agro-écologie « c’est en tant que scientifique car la nocivité sur notre santé et sur l’environnement de l’agriculture chimisée et mécanisée est aujourd’hui avérée car nous avons à ce jour le savoir pour développer une agriculture paysanne capable de nourrir correctement l’humanité tout en respectant la planète et mon engagement d’un agronome, d’un scientifique qui ne croit en rien d’autre qu’aux analyses étayées et aux faits établis » ?

Glyphosate accusé

Logiquement il s’attaque d’abord à un célèbre désherbant, le glyphosate, qui n’est pas seulement le produit que vend Monsanto, la multinationale rachetée récemment par la firme allemande Bayer, puisque cet herbicide, le plus vendu dans le monde, n’est plus protégé par un brevet. L’auteur évoque sa « redoutable efficacité » et surtout sa toxicité liée aux perturbations endocriniennes, qui génèrent des malformations congénitales, des cancers, des affections neurovégétatives. Tout en rappelant que 38 espèces végétales sont déjà devenues résistantes aux molécules désherbantes.

Marc Dufumier évoque la disparition du goût des tomates par l’industrialisation de sa culture et de son transport, ajoutant que les « fabricants » de tomates rêvent de produire des « tomates carrés qu’ils pourraient entasser plus facilement pour les transporter ». Dans un autre de ses cinquante petits chapitre qui se lisent comme autant de courtes recettes de ce qu’il ne faut pas faire ou accepter, l’auteur explique la nocivité, pour les humains et pour l’environnement, des « fraises en hiver », l’inutilité de proscrire le gluten, les vins menacés par le réchauffement climatique, l’inutile choix de l’eau en bouteille contre celle du robinet, les fantasmes contre le lait de vache, les conséquences humaines et planétaires d’une trop grande consommation de viande et la disparition des abeilles.

Mais comme le contenu de nos assiettes n’est pas seulement gâté par des produits que l’on y introduit secrètement ou légalement, l’auteur passe en revue, toujours en quelques fiches de réflexion, le rôle de l’agro-industrie, de la grande distribution, du bio, du commerce équitable, du gaspillage, du malaise des campagnes ou de l’absence de variété dans les semences.

Un manuel à ranger à coté de ses livres de cuisine en dégustant chaque chapitre pour bien manger en toute connaissance de cause.

(1) De la terre à l’assiette, 230 pages, Allary Editions (18 euros)


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