La fabrique du consentement sexuel

Les réponses collectées par la récente enquête #NousToutes éclairent la prédominance d’une sexualité subie par les femmes. Des militantes soulignent l’urgence d’une réflexion intersectionnelle.

Au terme « consentement » « nous préférons l’expression d’une volonté explicite », précise d’emblée Vanessa. Membre de l’association « féministe radicale et révolutionnaire » FièrEs, la militante aspire à un changement total de regard sur la sexualité et remet en question le mot même de « consentement », symptôme d’un modèle à anéantir : celui des vieilles normes hétéro-patriarcales qui ne permet pas aux femmes « d’avoir un rapport à la séduction ou à la sexualité qui soit volontaire et conquérant », mais passif, « subordonné » aux hommes, qui « désirent et obtiennent ».

« Dire oui, ce n’est pas suffisant si nous n’avons pas la place de prendre en considération tout le reste, renchérit Rachel, également militante de FièrEs. Dire oui, ce n’est pas non plus suffisant si nous n’avons pas pu déconstruire des années d’éducation à une sexualité subie, ni nous défaire des injonctions du type : “Il faut le faire, donc je le fais.” Et pour faire ce travail, il nous faut ne pas être seules. » Finalement, c’est toute une culture du consentement qu’il reste à réinventer, afin de réapprendre à chaque personne, et en particulier aux femmes, à « remettre leur désir en action à chaque instant de la relation sexuelle ».

À l’occasion de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, les deux militantes représentent leur association au Village des féminismes, organisé à l’initiative du collectif afroféministe Mwasi, au Centre international de culture populaire (CICP) de Paris. Aux côtés d’une cinquantaine d’autres structures, les participant·es n’ont qu’un seul mot d’ordre : « Sortir de l’effroi » et, pour cela, « ne surtout pas être raisonnables ». Les violences policières du 7 mars contre les manifestantes de la marche nocturne organisée à Paris, la remise d’un César à Roman Polanski ou la publication des résultats de l’enquête du collectif féministe #NousToutes sur le consentement sexuel sont encore dans tous les esprits.

Prise de conscience collective

À l’origine de cette étude lancée sur les réseaux sociaux le 7 février, Léonor Guénoun, membre de #NousToutes, témoigne d’une certaine urgence. « Nous voulions alerter depuis longtemps sur les problématiques liées au consentement, explique la militante. Tout s’est accéléré fin janvier, lorsque Caroline De Haas et moi avons voulu répondre aux questions de nos abonnées relatives aux violences sexistes et sexuelles sur Instagram. Nous nous attendions à des interrogations autour du délai de prescription ou des moyens de trouver un·e avocat·e. Au lieu de ça, nous avons reçu une avalanche de questions sur le consentement, certaines très difficiles à lire. » En réaction, le collectif diffuse un questionnaire censé éclairer la réalité du consentement sexuel et participer à une prise de conscience collective.

Il reste 74% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 8€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Depuis 2018, on « revient à l’école de l’ordre, plus verticale »

Société accès libre
par ,

 lire   partager

Articles récents

Souhaitez-vous recevoir les notifications de la rédaction de Politis ?

Ces notfications peuvent être facilement desactivées par la suite dans votre navigateur.