Le Grand Paris, vaste coquille vide

Pensée en 2014 comme un outil pour rééquilibrer les disparités entre la capitale et ses banlieues, la Métropole ne sert à rien : les pouvoirs et les moyens restent entre les mains des 131 maires.

Elle n’existait pas encore lors du scrutin municipal de 2014. Mise en place au 1er janvier 2016, la Métropole du Grand Paris, en abréviation MGP, connaîtra les 15 et 22 mars son premier renouvellement. À la satisfaction de son président, qui veut croire à son avenir. « En quatre ans, nous avons rendu la métropole lisible et crédible », estime Patrick Ollier (Les Républicains). Pourtant, cette intercommunalité taille XXL de 7,2 millions d’habitants est très rarement évoquée par les candidats des 131 communes qui la composent (1). Et les citoyens ignorent pour la plupart son mode de fonctionnement, ses compétences, quand ce n’est pas tout bonnement son existence. Ils connaissent au mieux le « territoire » auquel appartient leur commune – « Grand Paris Seine Ouest », « Est Ensemble », « Grand Paris Sud Est Avenir –, le nom de ce dernier étant depuis plus ou moins longtemps inscrit sur leur poubelle, ils ne peuvent le manquer.

Même les élu·es sont tenu·es à distance des décisions métropolitaines. Ici, une conseillère territoriale (FI) assure qu’aucun compte rendu de ce qui s’y décide n’est jamais évoqué en conseil municipal. Là, un conseiller municipal EELV pressenti pour être l’un des seize représentants de sa commune au conseil de territoire (la désignation se fait en conseil municipal à la proportionnelle des groupes) s’est vu barrer la route par la maire LR qui a imposé qu’EELV y envoie une élue moins aguerrie et connue pour son absentéisme. Un élu au Conseil de Paris n’a aucun souvenir d’un débat dans cette assemblée sur le mandat que les représentants de Paris pourraient porter au Conseil métropolitain : « On ne nous demande pas notre avis, on ne nous raconte rien. »

Après quatre ans d’existence, les objectifs que ses concepteurs avaient fixés à la MGP sont très loin d’avoir été atteints. En 2013, pour le gouvernement de Jean-Marc Ayrault et une quarantaine de députés franciliens à l’origine de la loi Maptam (2), celle-ci devait permettre « de répondre enfin à la crise du logement et à l’urgence sociale tout en améliorant la lutte contre la pollution et la prévention de la délinquance ». Pas moins.

Il reste 81% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 8€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Articles récents

Campagne d’appel à dons

Appel à dons : Politis a besoin de vous !
Consultez la page dédiée à la campagne

YesYes se tient plus que jamais à votre service !

Souhaitez-vous recevoir les notifications de la rédaction de Politis ?

Ces notifications peuvent être facilement desactivées par la suite dans votre navigateur.