À l’heure des choix

Le moment d’incertitude extrême et de fortes turbulences que nous traversons est donc aussi celui d’un combat qui commence.

Erwan Manac'h  • 15 avril 2020
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À l’heure des choix
© Photo : Aditya Chinchure/Unsplash

Le pire n’est heureusement jamais certain, mais la récession et l’exacerbation des inégalités engendrées par la crise du coronavirus laisseront des traces indélébiles. Les rapports de force géopolitiques se déplacent et l’ordre des priorités des nations est brutalement revu. C’est donc un nouveau paradigme qui se précipite, sans aucune garantie qu’il corresponde à un « monde d’après » dans lequel il nous serait donné de penser différemment. Les forces en présence, au contraire, s’activent déjà pour sauver les anciennes manières de faire, en espérant écrire une nouvelle page d’une mondialisation néolibérale dont nous aurions refait la vitrine et fermé la clôture à double tour.

Ce dessein n’est pas plus enviable que la démondialisation brutale et subie depuis le début du confinement, même pour ceux qui ont voué leur vie à combattre le modèle actuel. Car ce sont les plus dépendants qui subissent les conséquences les plus lourdes. Celles et ceux qui ne peuvent pas se protéger du virus et qui seront les plus exposés aux répliques économiques et géopolitiques qui suivront la crise sanitaire pendant des mois, voire des années.

Le moment d’incertitude extrême et de fortes turbulences que nous traversons est donc aussi celui d’un combat qui commence. À l’heure des choix de nécessité, les orientations qui sont prises contribuent déjà à dessiner la suite de l’histoire. Les règles cardinales du libéralisme économique ont été mises de côté, à commencer par celle de la dette publique, qu’il faut d’ordinaire éviter de contracter et doctement rembourser, afin qu’une seule politique économique ne soit possible. Et si la dette file aujourd’hui dans des proportions incalculables, c’est avant tout pour préserver le système de l’effondrement. Mais l’examen de conscience a bel et bien commencé. Il charrie une montagne de questions qui ne se satisferont pas de réponses dogmatiques. À commencer par la première d’entre elles : qui paiera la crise ?

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