Le confinement sous l’œil de Gil : #10 scènes de ménage

Coincé en appartement à Paris, le photographe Gil Lefauconnier nous livre le journal visuel de ses états d’âme. Et il nous inspire à notre tour. Aujourd’hui, la fièvre de la propreté. Jamais printemps n’aura été aussi propice au grand nettoyage (au fait, qui manie la brosse chez vous ?)

Patrick Piro  • 19 avril 2020
Partager :
Le confinement sous l’œil de Gil : #10 scènes de ménage
© photo: Gil Lefauconnier

Confinement et donc fenêtres grand ouvertes ? Ça fait sens. Les consignes d’hygiène nous encouragent à régulièrement aérer nos lieux de vie, à briquer les poignées de porte, à désinfecter l’écran de nos mobiles. Mais nous allons souvent bien plus loin, jusqu’à des frénésies de lessivage et de dépoussiérage. Les ventes de produits d’hygiène explosent. Pourquoi un tel TOC ?

© Politis

Photographe professionnel depuis 25 ans, Gil Lefauconnier est aussi à l’aise dans la photo d’entreprise que dans le reportage de presse, il concentre son travail sur l’être humain et sa diversité. Retrouvez-le aussi sur Instagram.
Pour combler l’ennui, déculpabiliser, préparer l’après, émet pour hypothèse le magazine Elle. Bien plus mystique, Titiou Lecoq expérimente que _« ranger, nettoyer, astiquer, organiser, c’est devenir Dieu »_, inspirée par Simone de Beauvoir (Le Deuxième Sexe) : « Il y a une dimension psychanalytique et existentielle du plaisir ménager (…), une sensation de contrôle et de pouvoir rarement égalée. »

Hélas, le grand ballet des balais et la tornade sol au plafond dessinent aussi des scènes de ménage moins reluisantes… La femme, au foyer confinée, voit sa charge mentale s’alourdir dangereusement, encore plus assignée à l’essentiel des tâches domestiques. Les aides-ménagères à domicile, _« non indispensables », sont au chômage technique. Et Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, redoute même un « épuisement silencieux »_ des femmes…

Et vous tenez quoi en main, sur votre 4e photo ?

Pour lire tous les épisodes de la série photo : L’œil de Gil, cliquez ici.

Société
Temps de lecture : 1 minute
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Touristes et personnes exilées : les deux versants des Alpes
Reportage 22 juillet 2026 abonné·es

Touristes et personnes exilées : les deux versants des Alpes

Dans les Hautes-Alpes, à la frontière franco-italienne, coexistent deux mondes qui se croisent peu. Celui des touristes profitant de la montagne et celui des personnes exilées qui empruntent les sentiers dans des conditions dangereuses, aggravées par la militarisation de la frontière.
Par Pauline Migevant et Maxime Sirvins
Marié·es par amitié : la nouvelle désobéissance intime
Famille 21 juillet 2026 abonné·es

Marié·es par amitié : la nouvelle désobéissance intime

Les actes politiques se jouent aussi dans la sphère privée, loin des manifestations, des meetings ou des actions coups de poing. Dans une France toujours contaminée par le patriarcat, des ami·es s’unissent pour s’offrir plus de protection et célébrer la force du lien.
Par Céline Martelet
Ce que l’IA nous fait dire…
Billet 21 juillet 2026

Ce que l’IA nous fait dire…

Un lecteur fidèle et courageux s’est essayé à une drôle d’expérience : soumettre un édito de Denis Sieffert à trois IA. Comment l’ont-elles résumé ? Qu’en ont-elles retenu ? Qu’ont-elles « oublié » ?
Par Denis Sieffert
Quartiers populaires : une culture politique capable de mobiliser
Analyse 17 juillet 2026 abonné·es

Quartiers populaires : une culture politique capable de mobiliser

À rebours d’une démocratie réduite aux élections, une pratique quotidienne et autonome de l’engagement politique existe dans les quartiers populaires. Entre solidarités et résistances de l’ordinaire, culture de la street et parole critique, une ouverture qui tranche avec un ordre établi.
Par Ulysse Rabaté