Christophe Alévêque dans une salle vide

Notre Voyage autour de nos chambres #58 vous propose de voir en ligne, en libre accès, le spectacle de Christophe Alévêque intitulé 19 mars – 19 mai Le trou noir. Alors que la culture est encore confinée, l’humoriste a choisi un exercice difficile au théâtre du Rond-Point, devant une salle vide. Un spectacle sous forme de réflexion douce amère sur la période de confinement.

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Le comédien et humoriste arrive en pétrolette, ce mardi 19 mai, aux portes du théâtre du Rond-Point, dans le triangle d’or parisien. Forcément, il se prend les pieds dans le tapis. Portes closes. Confinement oblige. C’est par une porte dérobée que Christophe Alévêque, pensionnaire régulier du Rond-Point, pénètre dans le théâtre, s’installe dans une loge. Pas de maquilleuse. Au chômage ! Ni régie. Au chômage ! Faudra tout faire. Même entonner un semblant de musique pour accompagner son entrée sur scène. Quelle drôle d’idée de venir présenter une nouvelle revue de presse, portée sur le confinement, « 19 mars-19 mai : le trou noir ». Et voilà l’humoriste dire « bonsoir » à personne, seul face à la grande scène du théâtre de 760 places, totalement vide.

On a tellement entendu de conneries pendant cette période que j’ai décidé que maintenant, c’était mon tour. Raconter des conneries, c’est mon métier… de chômeur. Mais je garde un énorme respect pour le pouvoir, le gouvernement qui a dû improviser pendant tout ce temps, jouer la comédie alors que nous, on n’avait pas le droit ! Comédiens au chômage, gouvernement sur scène !

Il pouffe. Avant d’éructer ses colères. « Je ne sais ce que je fais, mais je le fais ! Ce qui est un parfait résumé de la crise qu’on a vécue. » Christophe Alévêque en fait une thérapie. Sachant que « les églises rouvriront bien avant les théâtres [c’est déjà chose faite]. On a été les premiers à avoir été arrêtés, on sera les derniers à reprendre. »

Pendant près d’une heure quinze, au gré de ses notes, de ses pages griffonnées, Christophe Alévêque impose un comique atrabilaire, son registre personnel. Où tout y passe. L’absence du ministre de la Culture, une Roselyne Bachelot sanctuarisée, une démocratie « en quarantaine », un ministre de l’Intérieur qui décide de « notre droit à acheter du beurre », un Président qui « sature l’espace », un gouvernement qui additionne « les erreurs et les errements », une gestion « pathétique de la crise », des masques « qui servent à rien quand on n’en a pas, qui sont obligatoires quand on en a ! » Pendant ce temps, à Rome, « le pape est seul, comme tous les curés du monde, isolés. Cette fois, on en est sûr, le virus protège les enfants ! »

Dans un exercice franchement casse-gueule, parce que seul devant une vaste salle donc vide, Christophe Alévêque réussit son pari jubilatoire. Faire rire avec du noir, non sans y mettre du sens, et parfois son sens de l’absurde.

Christophe Alévêque, « 19 mars-19 mai : le trou noir », en libre accès sur Youtube.

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