« Macron est un manipulateur du langage »

La sémiologue Cécile Alduy met en relief le goût de la dramatisation du Président ainsi que la continuité de son rapport paternaliste aux Français depuis son élection.

Victor Le Boisselier  • 6 mai 2020 abonné·es
« Macron est un manipulateur du langage »
© Photo : LUDOVIC MARIN/AFP

Rappelez-vous, c’était il y a trois ans tout juste. Le 7 mai 2017, Emmanuel Macron s’avançait solennellement vers la pyramide du Louvre alors que L’Ode à la joie retentissait dans la cour du Palais-Royal. À peine élu, Jupiter donnait déjà le ton. Trois ans plus tard, en pleine crise sanitaire, l’aura n’est plus la même. Entre-temps, « ceux qui ne sont rien » ont endossé leur gilet jaune, et les « Gaulois réfractaires » se sont mobilisés pendant plus de deux mois contre la réforme des retraites. Si les mots du Président peuvent changer, son rapport aux Français reste le même, paternaliste et vertical, analyse Cécile Alduy (1), comme l’a montré encore son message du 1er Mai, où les deux mots qu’il a trouvés pour qualifier les 1ers Mai passés sont « joyeux » et « chamailleurs », comme s’il s’adressait à des enfants.

Au regard des événements qui se sont succédé au cours du mandat, des premières réformes menées tambour battant à la crise sanitaire en passant par les gilets jaunes et l’affaire Benalla, comment ont évolué le langage présidentiel et la posture du Président au fil de ces trois premières années ?

Cécile Alduy : Ce qui me frappe, ce sont des continuités plutôt que des ruptures dans la manière dont

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Politique
Temps de lecture : 10 minutes