« 33 Jours », de Léon Werth : L’humanité au ralenti

Il y a quatre-vingts ans, les Français se lançaient sur les routes de l’exode. Parmi les témoignages publiés depuis, le récit de Léon Werth, 33 Jours, en donne une des peintures les plus expressives tout en offrant une vision lucide et mordante de la société française d’alors.

Christophe Kantcheff  • 22 juillet 2020 abonné·es
« 33 Jours », de Léon Werth : L’humanité au ralenti
Sur la route de l'exode, après la Débâcle, en juin 1940.
© AFP

Mi-mars 2020, l’annonce du confinement en France est imminente. Nombre de Parisiens décident de quitter la ville pour rejoindre une maison secondaire ou familiale. En tout, ce sont quelques centaines de milliers de personnes (sur 2,2 millions d’habitants intra-muros) qui ont pris la route ou se sont engouffrées dans des trains. Est-ce à cause de la dérisoire rhétorique guerrière entonnée par le chef de l’État ? Est-ce parce que ce moment sombre de notre histoire reste gravé dans la mémoire collective comme un trauma ineffaçable ? Quoi qu’il en soit, ce départ -précipité a immédiatement donné lieu à un raccourci historique : l’analogie a été faite entre cet exode tout relatif et celui de juin 1940. Or, en l’occurrence,

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Littérature
Temps de lecture : 7 minutes