« Les armes non létales déresponsabilisent la police »

Lacrymogène, LBD, Taser, grenades de désencerclement… Pour Paul Rocher, le suréquipement de la police favorise la montée en violence du maintien de l’ordre. Une escalade assumée par l’État et le politique.

Romain Haillard  • 15 juillet 2020 abonné·es
« Les armes non létales déresponsabilisent la police »
© Emeric Fohlen/NurPhoto/AFP
L’arme non létale dans les mains des forces de l’ordre, la promesse d’un apaisement ? Pour Paul Rocher, c’est l’inverse. L’auteur de Gazer, mutiler, soumettre livre un constat alarmant, celui d’une escalade de la violence suscitée par le suréquipement de la police. Loin de faire taire les coups de feu, les armes non létales, aux effets peu documentés, rendraient ces gâchettes supposément moins dangereuses plus faciles. Lanceur de balles de caoutchouc, gaz lacrymogène, grenade avec charges explosives… Ces équipements n’auraient pas été choisis pour leur caractère « éthique », selon l’économiste, mais pour leur efficacité à réprimer les contestations. Paul Rocher appelle à l’interdiction des armes non létales les plus dangereuses et à un contrôle populaire étroit sur l’introduction de tout nouvel équipement. Selon vous, l’usage des armes non létales ne permet pas vraiment de faire advenir un maintien de l’ordre avec moins de morts ou de blessés, mais incite en revanche à davantage de violence. Paul Rocher : L’arme ne rend pas seulement possibles des actions mais exerce une contrainte sur ces actions. Suggérer la non-létalité d’une arme conduit à une déresponsabilisation des tireurs. Les policiers équipés de ces outils se sentent plus à l’aise pour gérer un problème par la violence plutôt que par la non-violence. Aux États-Unis, ce
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Société Police / Justice Permis de lutter
Publié dans le dossier
Où va la police ?
Temps de lecture : 8 minutes

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