Dossier : Les luttes essentielles déconfinées

Nature : Les effets de « l’anthropause »

Si la suspension des activités humaines pendant le confinement n’a pas vraiment permis à la nature de « reprendre ses droits », elle a rendu évidente la nécessité de repenser notre lien au vivant.

Un sanglier dans les rues désertes de Barcelone, des canards se dandinant devant la Comédie-Française à Paris, un puma dans le centre-ville de Santiago du Chili, des dauphins, puffins et hérons cendrés à foison dans les calanques de Marseille… Ces images d’animaux sauvages gambadant, nageant, volant dans des lieux privés de présence humaine ont fait le tour du monde et alimenté les réseaux sociaux pendant les longues semaines de confinement. Et l’expression « la nature reprend ses droits » a souvent été brandie comme une bonne nouvelle en cette période troublée par la pandémie de Covid-19. Mais ces phénomènes sont beaucoup plus complexes qu’une réappropriation de l’espace urbain par des animaux sauvages.

« Le silence soudain en ville ainsi que le temps libre ont permis aux gens de découvrir des espèces autour de chez eux, même si elles y vivent toute l’année. Il est naïf de croire que la nature va reprendre ses droits car l’activité s’est arrêtée un temps en ville – les pratiques agricoles et notamment l’épandage de pesticides ont continué à la campagne. Pour un retour de l’ours en plaine, il faudra un peu plus que deux mois de confinement ! » souligne malicieusement Grégoire Loïs, naturaliste à l’Agence régionale de la biodiversité en Île-de-France et au Muséum national d’histoire naturelle. L’ornithologue reconnaît avoir été davantage impressionné par l’abondance des plantes sauvages sur les trottoirs vides de tout piétinement et par la limpidité de la Seine devenue une belle fenêtre sur les plantes aquatiques parisiennes.

Dans un article publié le 22 juin dans la revue Nature Ecology and Evolution, une équipe de scientifiques invite à profiter de cet arrêt inhabituel de la mobilité humaine sur terre et sur mer pour étudier notre impact sur la faune et la flore.

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